La question de la modération a ressurgi au mois d’août avec l’affaire Doctolib. Le leader français et européen de la prise de rendez-vous médicaux en ligne s’est retrouvé au cœur d’un scandale mettant en scène une figure de la naturopathie. Jusqu’alors, la start-up la mieux valorisée de France (5,8 milliards d’euros, source : Le Monde) n’avait pas donné suite aux critiques liées au référencement sur son site de praticiens qui exercent des activités de bien-être non réglementées.
Ces derniers représentent 3% des 250 000 professionnels référencés (Source : Doctolib). Le groupe, qui compte 45 millions d’inscrits en France, propose des abonnements professionnels entre 130 et 250 euros par mois (gestion des rendez-vous, suivi des patients, téléconsultation…). Quelque 250 établissements publics de santé et la moitié des CHU de France, parmi lesquels l’AP-HP (Paris) et l’AP-HM (Marseille), utilisent ses services en ligne (Sources : Le Monde; Le Figaro).
Le monopole comme frein à la régulation ?

“Avec Doctolib, nous sommes face à un acteur hégémonique qui délivre ce qui est quasi un service public, l’accès à un professionnel de santé”, soulève Frédéric Bizard, président de l’Institut Santé et professeur d’économie à l’ESCP Business School. “Si on ne régule pas mieux un acteur quasi monopolistique, on écope de toutes les dérives liées au modèle économique de cet opérateur privé à but lucratif, dont l’objectif est de maximiser les profits”, renchérit-t-il. “C’est lui qui fixe les règles du jeu. L’autre travers est qu’il a tendance à tuer l’innovation”, conclut-il.
Le 25 août, face au tollé médiatique, le groupe a annoncé par communiqué le renforcement de ses procédures de vérification des professionnels référencés sur son site.