Après l’insuffisance cardiaque puis le diabète, mind Health se penche sur un autre versant du programme Étapes : celui consacré à la télésurveillance des patients souffrant d’insuffisance respiratoire. Cette expérimentation, démarrée en janvier 2018 avec quatre ans de retard, couvre au total cinq pathologies, avec les porteurs de prothèse cardiaque implantable et les insuffisants rénaux. Au 26 mars 2019, dernier comptage en date de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) qui pilote le projet, 41 fournisseurs ont été autorisés à confronter leur solution technique au cadre de l’expérimentation. Soit la pathologie qui a suscité le plus de mobilisation, le diabète ne comptant “que” 15 fournisseurs et l’insuffisance cardiaque 20. Un paradoxe lorsque le Pr Jésus Gonzalez, coordinateur du groupe de travail GAVO2 (pour assistance ventilatoire et oxygène) au sein de la Société de pneumologie de langue française (SPLF), rappelle qu’“en 2015, quand le ministère de la Santé a voulu lancer des projets de télésurveillance des maladies chroniques, les insuffisants respiratoires chroniques avaient été oubliés”. Or “des appareils respiratoires sont installés au domicile des malades depuis les années 50 et les machines peuvent communiquer depuis 2011. Cela fait ainsi des années que les pneumologues font de la télésurveillance des patients, tout de même la seule thérapeutique qui permet une mémoire du traitement. Tout était donc prêt pour intégrer Étapes et la demande a émané des pneumologues eux-mêmes”. La SPLF a ensuite participé à la rédaction du cahier des charges de l’expérimentation et défini son périmètre.
Entre 60 000 et 100 000 patients éligibles ?
Les patients concernés doivent être majeurs et placés sous ventilation mécanique non invasive, à savoir sous appareil d’assistance ventilatoire mais sans intubation, trachéotomie ou dispositif “endo-trachéal” de ce type. Personne ne sait estimer combien d’insuffisants respiratoires chroniques le projet Étapes peut ainsi couvrir.