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Embleema
Données de santé, e-santé, Essais cliniques, Recherche
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Robert Chu
Cofondateur et CEO Embleema
Vous avez été les premiers vous lancer sur le marché des données de santé en vie réelle combinées à la blockchain. Comment conserver cette avance ?
Robert Chu : Nous avons été les premiers en 2018 à lancer en production un système basé sur la blockchain. J’ignore si d’autres sociétés possèdent des blockchains en production. Nombre de preuves de concept ont été réalisées mais c’est une technologie qui demeure émergente. Il manque encore tous les outils d’administration de système, de gestion de performance et de services, de planification de la capacité. Nous en avons développé toutes les couches afin que notre technologie soit robuste.
Il existe plusieurs types de registres distribués, comme la blockchain. Lequel utilisez-vous ?
R. C. : Nous utilisons Fabric. La souche technique est hyperledger, selon nous la plus robuste et scalable. Les autres blockchains ne nous paraissent pas aptes pour élaborer des systèmes d’information en entreprises. Notre blockchain est privée, nous gérons tous les nœuds. Aucun tiers n’y a accès. Nous considérons que tout ce qui est dessus peut être vu par l’extérieur et qu’il n’y a pas de réelle confidentialité des données. Même si elles sont encryptées, nous considérons qu’elles demeurent visibles. Il ne faut pas mettre de données sensibles, de santé ou personnelles. On ne met jamais une donnée identifiante ou “sensible” au sens où l’entend la Cnil.
Comment le garantir ?
R. C. : Nous ne mettons que des données « hachées » sur notre blockchain, c’est-à-dire les résultats d’algorithmes de hachage de données sources, provenant d’un dossier médical par exemple. C’est un processus irréversible : on ne peut pas dériver la donnée source à partir de la donnée hachée. Il ne s’agit pas d’un chiffrement que l’on peut renverser ou reconstituer. Sur la blockchain, les identifiants sont anonymes comme dans les essais cliniques. Pour les patients, on utilise des numéros et des lettres.
Tout faire virtuellement coûte 100 fois moins cher qu’un essai clinique classique
Pourquoi l’écosystème ne découvre qu’aujourd’hui les données de vie réelle ?
R. C. : Parce qu’elles ont été révélées par la crise sanitaire. Le standard, pour les autorités ou les médecins, ce sont les essais cliniques, parce que c’est le niveau de qualité le plus élevé.