-
Libération
Informations générales, Médias, Offres payantes
-
Denis Olivennes
Directeur général et co-gérant Libération
Libération jouit toujours d’une aura importante mais sa pérennité est remise en cause depuis des années. Quel constat faites-vous six mois après votre arrivée ?
D’abord c’est un projet très enthousiasmant pour quelqu’un qui aime Libération depuis de longues années, de participer activement à sa transformation pour lui donner un avenir pérenne. Les efforts commencent à payer. Libération affiche la plus forte progression des abonnés en ligne de la presse quotidienne nationale en 2020 – en passant de 20 000 abonnés numériques fin 2019 à 50 000 aujourd’hui – et la plus forte progression de l’audience site et papier des quotidiens nationaux dans la dernière étude de l’ACPM.
Comment Libération a-t-il traversé la crise publicitaire et économique en 2020 ?
Le chiffre d’affaires s’est établi à 27 millions d’euros, pour 12 millions d’euros de pertes opérationnelles contre 8 millions l’année précédente. La différence s’explique par l’impact du Covid sur la publicité et la liquidation de Presstalis. Nos revenus sont générés à près de 70 % par la diffusion, abonnements papier et numériques réunis (soit environ 18 millions d’euros, ndlr), à 18 % par la publicité (environ 5 millions d’euros, ndlr) et à 18 % par des subventions (environ 5 millions d’euros, ndlr). Celles-ci ont été plus élevées que les années précédentes. Les abonnements numériques représentent un peu plus de 20 % de nos revenus de diffusion (soit entre 3,5 et 4 millions d’euros, ndlr).
« Il faudra améliorer nos résultats opérationnels de 4 millions d’euros par an »
La société affiche des résultats en déclin depuis de nombreuses années. De quelle façon inverser cette tendance ?
Nous visons un retour à l’équilibre en 2023 (37,7 millions d’euros de chiffre d’affaires visé et un ebitda de 100 000 euros, ndlr). Il faudra améliorer nos résultats opérationnels de 4 millions d’euros par an. Quand on observe le compte de résultat de Libération, trois éléments interpellent, sur lesquels nous voulons agir. D’abord la diffusion numérique était trop faible jusqu’au premier semestre 2020, avec seulement 20 000 abonnés en ligne fin 2019. L’objectif est d’atteindre 100 000 abonnés numériques en 2023. Ensuite notre chiffre d’affaires publicitaire est trop limité par rapport au marché et aux capacités du journal. Sur les 18 % de nos revenus de publicité (soit plus ou moins 5 millions d’euros, ndlr), la moitié provient de formats publicitaires, l’autre moitié des forums et partenariats. C’est trop peu. La publicité pure représente 20 à 40 % du chiffre d’affaires total pour les titres comparables en France et à l’étranger. Il y a donc un vrai potentiel de croissance à saisir, principalement dans la publicité numérique, notamment les opérations spéciales et les formats de publicités natives. Le troisième levier sur lequel nous avons des marges de manœuvre, ce sont les charges hors masse salariale, puisque nous allons investir dans la rédaction. Le niveau du loyer, par exemple, n’avait pas une grande importance pour Altice en tant que propriétaire de Libération et de l’immeuble qu’il occupe (tous les médias détenus par Altice étaient détenus dans un même pôle d’immeubles dans le 15e arrondissement de Paris), mais c’est une contrainte désormais pour la société indépendante que nous sommes.