Quel bilan faites-vous pour Slate.fr en 2014 ?
Je vais être immodeste : je pense que c’est une réussite éditoriale et technique. Mais nous devons encore confirmer cette intuition dans le modèle économique, qui n’est pas encore abouti. Nous avons installé Slate.fr dans le paysage médiatique, avec un magazine en ligne décalé, approfondi et des contenus à forte valeur ajoutée. C’était un vrai pari lors du lancement en 2009. Ce qui a validé notre projet, c’est la similitude de l’audience entre Slate.fr et Slate.com aux Etats-Unis : jeune et CSP+.
Combien de collaborateurs rassemble Slafe.fr et quels sont vos résultats économiques ?
La société éditrice, E2J2, rassemble 14 personnes permanentes. Dans le détail, Slate.fr mobilise sept personnes, et il y a quatre personnes à la technique, une personne pour Slate Afrique et 2 sur notre agrégateur, Reader. S’y ajoute un réseau de 600 à 700 contributeurs. 100 à 150 d’entre eux écrivent chaque moi et le noyau dur des contributeurs s’élève à 40 personnes. Tous sont rémunérés, sauf pour les tribunes. Slate.fr reste donc une petite start-up. Nous avons encore un peu perdu d’argent en 2014 (après une perte opérationnelle de 350 000 euros en 2013, ndlr), mais nous espérons que c’est la dernière année.
Comment expliquer cette situation six ans après le lancement du projet ?
La monétisation des médias en ligne est compliquée pour tout le monde, le marché publicitaire est difficile et plusieurs mauvais choix ont été effectués ces dernières années : nous avons par exemple choisi de confier la commercialisation de nos espaces à de grandes régies externes (Deezer Media, Orange Advertising, Prisma Pub…)