L’appel d’offres : l’annonceur doit bien évaluer son besoin au préalable

Image à la une de l'article L’appel d’offres : l’annonceur doit bien évaluer son besoin au préalable
Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 15 jours pour découvrir l’ensemble de nos contenus

Au-delà du talent et du sens stratégique des équipes travaillant sur les marques, un certain nombre de méthodes de travail sont essentielles à maîtriser pour que ces atouts soient valorisés et non gâchés par d’incessants aller-retours. C’est ce savoir-faire que Pierre-Edouard Heilbronner, cofondateur du cabinet onzedixièmes, spécialisé dans l’accompagnement des annonceurs et leurs agences, expose désormais dans nos colonnes.

La plupart des collaborations agence – annonceur commencent par un appel d’offres. On entend beaucoup de critiques ces derniers temps sur cette pratique : l’appel d’offres serait inutile, inadapté, économiquement désastreux pour les agences, stratégiquement et créativement stérile, et tant d’autres maux encore. Et c’est vrai.

Mais l’appel d’offres reste essentiel pour au moins trois raisons :

  • C’est le seul moyen pour l’annonceur d’accéder à des compétences d’agence au-delà de son cercle de prestataires et partenaires habituels.

  • Il permet à l’annonceur de s’assurer d’une performance optimale de ses actions de communication, au-delà de l’affection ou de l’admiration que l’on peut avoir pour les nombreux talents de ce métier.

  • Il offre à des agences de petite taille, peu connues, la possibilité d’accéder à certains marchés, revitalisant aussi bien les marques que le marché de la communication.

Un problème important apparaît en revanche : les appels d’offres formulés par les annonceurs sont trop souvent mal calibrés. Les besoins flous, les modes de décision arbitraires. Il s’agit même, parfois, de négocier la prestation des agences, plutôt à la baisse, fragilisant les acteurs là ou de la pérennité de la relation serait souhaitable pour une meilleure efficacité.

Les appels d’offre sont utiles, mais seulement s’ils sont bien faits. Autrement dit, si l’annonceur sait ce qu’on veut, s’il en a vraiment besoin et s’il pose bien sa problématique. Si on est capable de comprendre que, comme pour un couple, une fois l’émerveillement de la rencontre passée, il faudra parler ménage, rangement et éducation des enfants, vivre un quotidien qu’on oublie trop facilement quand on est portés par l’émotion.

Car un appel d’offres est chronophage, dès l’amont, parfois douloureux pour les équipes travaillant déjà pour la marque, et parfois infructueux. Il faut donc être certain d’en avoir vraiment besoin.

Trop d’appel d’offres sont déclenchés pour de mauvaises raisons :

  • Parce qu’on change de directeur marketing ou d’équipe agence…. comme si le changement ne pouvait pas être géré par des discussions et une réorientation du travail ?

  • Parce qu’on ne s’entend plus…. Et alors, on ne peut pas se parler ? Divorce-t-on à chaque dispute conjugale ? Même une brouille durable peut être désamorcée si on identifie le point de départ et qu’on met en place les bons outils et process.

  • Parce que l’équipe prend des habitudes et ne se renouvelle pas ? La routine est indiscutablement un tue l’amour. Mais l’ennuie se combat en se stimulant mutuellement, en se donnant les moyens de se surprendre.

Bien sûr, si vous avez un nouveau type de problème marketing, l’appel d’offres est légitime. C’est par exemple le cas d’ une marque jusqu’ici BtoB en réseau de prescription (médical, pharmacie, électricité…) qui peut avoir la besoin de parler à une nouvelle cible BtoC, et donc nécessiter des expertises de cibles et outils différentes. De même, si vous avez besoin d’exploiter de nouvelles techniques que votre agence ne maîtrise pas. Et si vous n’avez pas d’agence ou que le service est actuellement tellement mal rendu que c’est tout comme (une réelle absence d’écoute, des retravails inutiles dus à l’obstination de l’agence, des stagiaires affectés à votre projet à la place des postes prévus au contrat, des livrables non fournis…), une remise en compétition est normale.

Mais en dehors de ces situations, soyons honnêtes, en avez-vous besoin ? L’appel d’offres est une arme lourde, un bulldozer. On ne s’en sert pas pour cueillir des pâquerettes…


Le mois prochain : L’appel d’offres – qualifier son besoin


Vous avez une information à nous partager ?
Article à retrouver dans La lettre mind Media n°322
Chaque mois, retrouvez l'essentiel de nos articles
Lundi 6 février 2017
Nos autres services
mind Research
Décider : un service de recherche et de market intelligence sur mesure pour alimenter vos analyses et appuyer vos prises de décisions.
En savoir plus
mind Learning
Se former : des formats courts pour le management, le coaching de dirigeants, la montée en compétence de profils junior.
En savoir plus
mind Events
Se rencontrer : des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Fabien Scolan chez Solocal, Thomas Doduik rejoint Diverto…
Chaque semaine, suivez les mouvements et les nominations de l'écosystème.
Dentsu vise une croissance organique de 3% en France en 2026
L’info. La France a réalisé « une petite croissance », mais amélioré son taux de marge en 2025, a indiqué le président de...
Pierre Calmard (Dentsu France) : « Notre enjeu numéro un des années à venir : remonter dans la chaîne de valeur psychologique de l’annonceur »
Le président de Dentsu France s'est livré sur ses convictions concernant la collaboration entre agences médias et annonceurs, la concentration du secteur, la place de la compréhension du...
Digital Omnibus : Le Geste et le SRI critiquent le consentement “en un clic” 
L’info. Le Geste et le SRI ont présenté leur position sur le projet de réglementation Digital Omnibus, dans le cadre d’un appel aux commentaires qui s’est...
Les articles les plus consultés du mois sur mind Media
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
BUMP 2025 : sans le digital, pas de croissance
L’info. Les recettes publicitaires nettes des médias, incluant TV, cinéma, radio, presse, publicité extérieure, digital, annuaires, courrier publicitaire et...
2
Résultats 2025 des agences : Publicis au mieux de sa forme, prêt à affronter Omnicom
Pour la sixième année consécutive, mind Media a analysé les résultats financiers des grands groupes de communication cotés, qui ne sont plus qu'au nombre de cinq, depuis le rachat d'Interpublic...
3
Havas Media conserve le budget PMU
L’info. Havas Media France, associée à Agence79, a annoncé lundi 9 mars avoir remporté l’appel d’offres du PMU, portant sur la stratégie...
4
WPP revoit son modèle et vise la croissance pour 2028
L’info. WPP a publié jeudi 26 février ses résultats financiers pour 2025. Le groupe britannique affiche un chiffre d’affaires de 13,5 milliards de livres, en recul...
27 février 2026
5
Bertrand Beaudichon chez Heroiks, Jérémy Parayre quitte CMI France…
Chaque semaine, suivez les mouvements et les nominations de l'écosystème.
6
IA agentique : le marché se prépare à de premières applications dans la publicité
L’info. Les agents IA devaient accélérer encore l’automatisation de l’achat et de la vente publicitaires en ligne, en remplaçant une partie des...
23 février 2026