Depuis le deuxième semestre 2022, la hausse des taux d’intérêt et les conséquences inflationnistes de la guerre en Ukraine ont fortement freiné les investissements dans les start-up et scale-up françaises de la technologie. eCAP PARTNER, cabinet de conseil en fusions-acquisitions et levée de fonds pour les acteurs du numérique qui tient le compte de leurs opérations depuis 2016, note qu’elles n’ont réuni que 6,25 milliards d’euros en 2023, soit une baisse de 6 milliards par rapport à l’année précédente. Le nombre de tours de table a aussi diminué, de 735 en 2022 à 652 l’année dernière.
La situation est relativement comparable en Europe, selon le bilan de Pitchbook qui fait état d’un recul de 46 % des montants levés en 2023, et d’une baisse de 20 % du nombre d’opérations.
Les tendances à l’oeuvre
Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : “L’augmentation des taux d’emprunt a rendu l’argent plus cher pour les investisseurs qui mettent de l’argent en travail auprès des fonds d’investissement”, explique Alban Dohin, vice-président M&A chez eCAP PARTNER. En outre, “nombre des entreprises qui cherchent à lever aujourd’hui l’ont déjà fait à de très bonnes conditions et à des valorisations très favorables lors de cycles précédents. Elles peinent à retrouver les mêmes propositions dans ce contexte plus tendu, où les investisseurs ne se bousculent plus pour les dossiers”.
Pour Gil Doukhan, partner chez Iris, le reflux des fonds disponibles dans le private equity, la difficulté à rembourser les PGE et les crises multiples « ont mis en exergue les sociétés surperformantes et les autres ». Ce qui explique notamment la répartition des opérations dans le secteur des médias, de la culture, du marketing et de la communication, avec une forte concentration de levées sous les 5 millions d’euros – le ticket médian est passé de 4 à 2 millions d’euros -, quelques grosses opérations autour de 40 millions, et pas grand chose entre les deux.