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Groupe Les Echos – Le Parisien
Informations générales, Offres payantes
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Pierre Louette
PDG
Vous avez été nommé par le groupe LVMH à la présidence des Echos et du Parisien il y a trois ans pour accélérer la transformation numérique des deux titres et relancer le Parisien. Quel premier bilan tirez-vous ?
D’abord il faut souligner l’évolution du groupe depuis plusieurs années, avec une série d’acquisitions pour le renforcer – notamment le Parisien (fin 2015, ndlr) – qui a été poursuivie ces trois dernières années. Cela l’a aussi complexifié, avec une quinzaine de marques. Il est important d’avoir cela en tête quand on analyse aujourd’hui notre groupe, qui a une composition différente de la plupart des autres médias. Mon objectif depuis trois ans est double : d’une part constituer un groupe, développer des synergies, réaliser des économies d’échelle, améliorer l’organisation – et cela toujours dans le respect des marques médias, un aspect très important pour notre actionnaire LVMH, qui est une maison de marques fortes -, et d’autre part effectivement pour accentuer la transformation numérique. C’est d’ailleurs le principal axe.
On commence à en voir les premiers résultats positifs : pour l’ensemble Les Echos-Le Parisien, le chiffre d’affaires de toutes les activités numériques a progressé de 34 % en 2020. Les Echos se porte bien avec une neuvième année de hausse continue de sa diffusion, grâce aux abonnements numériques qui sont devenus de loin le premier canal de diffusion des Echos, avec plus de 60 % de la diffusion individuelle payée.
Evolution de la diffusion payée quotidienne des Echos de 2010 à 2020

Cette transformation numérique est plus délicate au Parisien et le plan de relance présenté en juin 2020 a été contesté en interne.
Le Parisien est un grand journal qui a souffert de la décroissance structurelle du marché du papier. Sans doute plus que d’autres, mais aussi parce qu’il avait la plus grande diffusion papier. Nous avons récupéré un titre en retard sur le numérique, avec une « dette technique » importante, quasiment pas d’offre payante en ligne, ni de stratégie numérique. Il fallait revoir l’organisation et l’offre pour réaffirmer le positionnement du journal, « engagé au service de ses lecteurs », qui est sa marque de fabrique. La transformation du journal a été amorcée et elle est marquée par une année très particulière avec cette épidémie de Covid-19, mais nous sommes en train d’en récolter les premiers fruits. Nous avons revu l’infrastructure et les outils numériques et développé l’offre payante en ligne, qui étaient très en retard.
La réforme éditoriale et organisationnelle qui a été enclenchée se fait au service de la stratégie numérique. Il y a 44 départs volontaires en congé mobilité en en transition emploi retraite (GPEC) / (Le Parisien rassemblait 436 cartes de presse en octobre 2020, ndlr) et une centaine de mobilités internes dans la rédaction pour de nouvelles offres éditoriales, notamment la création des pôles enquêtes, police-justice, Grand Paris, vie personnelle, etc. Bientôt nous déploierons une plateforme d’échanges d’idées. Le projet a été initié et mis en oeuvre par Stéphane Albouy (directeur des rédactions jusqu’à son départ en septembre 2020, ndlr) puis poursuivi pas son successeur Jean-Michel Salvator, avec Sophie Gourmelen (directrice générale, ndlr) et moi. C’est un plan qui a été concerté et accepté par les syndicats, il n’y a eu aucun jour de grève.
Evolution de la diffusion payée quotidienne France du Parisien-Aujourd’hui-en France (ACPM)

« Le nombre d’abonnés numériques au Parisien a été multiplié par deux en 1 an et par six en 3 ans. Le journal a maintenant 45 000 abonnés en ligne à fin février 2021 »
Quels sont les premiers effets de ce nouveau projet au Parisien ?
Notre objectif prioritaire est de développer le numérique et ce plan va en ce sens sans sacrifier le papier. La refonte de l’infrastructure technique dont je parlais, qui passe notamment par le déploiement d’Arc Publishing, le CMS commercialisé par le Washington Post, nous a permis de mettre en place les fondamentaux d’une plateforme de production plus moderne ; elle est plus pratique pour la rédaction et plus efficace pour les lecteurs avec un affichage plus rapide des pages.