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20 Minutes
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Groupe Les Echos – Le Parisien
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Jeudi 1er avril marque un tournant pour la publicité en ligne en France. Après avoir échappé depuis maintenant trois ans aux impacts les plus importants du RGPD et de la loi sur la vie privée en ligne sur leur activité – jusqu’à retarder au maximum leur mise en conformité -, les professionnels des médias et de la publicité en ligne doivent s’y plier : la Cnil a annoncé cette date charnière pour débuter ses contrôles sur l’entièreté des dispositions des textes réglementaires français et européen.
C’est le recueil, par les médias en ligne, du consentement des internautes au dépôt de cookies sur leur navigateur à des fins de collecte des données personnelles qui cristallisent toutes les attentions, tant il est important à la fois pour la vente publicitaire, le parcours client, la connaissance client (gestion et usages des données, A/B testings…), l’activation média (reciblage publicitaire) et la mesure des usages et des performances.
L’assouplissement du privacy by design, une aubaine pour les médias
A de multiples reprises ces 12 derniers mois, dans des échanges interprofessionnels, des webinaires et lors d’échanges informels en direct avec certains acteurs, la Cnil a insisté sur la nécessité pour les éditeurs de médias en ligne (et les fournisseurs de solutions, coresponsables, etc.) de respecter scrupuleusement l’exigence d’un consentement « libre et éclairé » avant tout dépôt de cookies et traceurs concernés.
Tout se joue au niveau du design de l’interface technique (la CMP) utilisée pour recueillir et gérer ce consentement qui doit être sans équivoque pour l’internaute (« privacy by design »). La Cnil a plusieurs fois insisté sur ce point, déjà présent dans sa nouvelle recommandation de septembre 2020 sur le dépôt de cookies : « Afin de ne pas induire en erreur les utilisateurs, la Commission recommande que les responsables de traitement s’assurent que les interfaces de recueil des choix n’intègrent pas de pratiques de design potentiellement trompeuses laissant penser aux utilisateurs que leur consentement est obligatoire ou qui mettent visuellement plus en valeur un choix plutôt qu’un autre. Il est recommandé d’utiliser des boutons et une police d’écriture de même taille, offrant la même facilité de lecture, et mis en évidence de manière identique. »
Comment être suffisamment transparent pour concilier le respect du RGPD tout en optimisant les taux d’acceptation au dépôt de cookies, alors même que sa simple évocation est désormais repoussoir pour les internautes ? La réponse relève d’un jeu de dupes entre l’autorité de contrôle des données et le marché, les deux ayant des convictions et des objectifs diamétralement opposés.
Au point de voir apparaître de fortes tensions et un dialogue rompu entre fin 2019 et début 2020 entre la Cnil et les associations professionnelles (Geste, SRI, UDM, IAB France, Udecam).
Sur le plan opérationnel, l’enjeu porte sur le design du premier écran affiché par la CMP à l’internaute. Depuis le deuxième semestre 2020 – notamment du fait de la décision du Conseil d’Etat validant l’usage conditionné du cookie wall –, la Cnil a atténué certaines de ces exigences sur le design des CMP : elle insistait jusque-là pour que le bouton “Tout refuser” (refuser tous les cookies) soit systématiquement inséré sur la première fenêtre des CMP au même niveau et avec la même couleur que le bouton “tout accepter”.