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Google va devoir faire face à de nouvelles actions en justice engagées par les éditeurs français. Plusieurs groupes très présents dans la publicité, notamment Le Figaro, Les Echos-Le Parisien, L’Equipe et Prisma Media, mais aussi un groupe diversifié et un acteur de contenus e-commerce, sont en effet sur le point d’attaquer le groupe américain devant le tribunal de commerce de Paris, a appris mind Media auprès d’une dizaine de sources différentes, la plupart ayant requis l’anonymat.
Ils déposeront leurs assignations dans les tout prochains jours – sans doute début juin ou peu après -, chacun de façon individuelle, comme le veut la procédure, pour demander réparation de dommages concurrentiels causés par Google sur le marché de la publicité en ligne entre 2014 et 2020.
Leur action est la conséquence de la décision de l’Autorité de la concurrence de juin 2021, la première dans le monde condamnant Google pour abus de position dominante dans la publicité display. L’organe avait constaté une série d’entraves et d’actions visant à fausser le marché de l’adserving des éditeurs de médias en ligne et d’applications et des SSP pour favoriser ses propres intérêts entre le 1er janvier 2014 et le 30 septembre 2020 au moins. L’Autorité a présumé des pratiques ayant débuté avant 2014, dès le rachat de Doubleclick en 2008, sans pouvoir le démontrer et donc retenir cette date dans sa décision.
Lors de la vente d’espaces publicitaires, notamment, les comportements de Google favorisaient – imposaient, disent les éditeurs – l’utilisation de sa SSP AdX, interconnectée avec son adserver DFP (consolidés dans GAM) via des mécanismes d’auto-préférence : le groupe prélevait alors en moyenne 20 % de commission sur les revenus versés aux éditeurs, selon l’Autorité.
Des discussions sans issue depuis trois ans
“Notre préjudice a été reconnu de façon très claire par l’Autorité de la concurrence. Il est temps d’agir et de défendre nos droits, même si c’est long et coûteux”, souligne auprès de mind Media Emmanuel Alix, directeur du numérique de L’Équipe. « Nous demandons uniquement la réparation de notre préjudice, abonde Marc Feuillée, directeur général du Figaro. Nous aimerions négocier et trouver des accords, mais si nous agissons en justice, c’est parce que nous ne sommes pas écoutés et nos droits ne sont pas respectés, nous sommes obligés d’en passer par là ».