Vous avez pris la direction générale du groupe Nice-Matin il y a deux ans dans un contexte social et économique difficile pour le titre. Quelles ont été les premières décisions prises ?
Je suis arrivé en mars 2021 dans un contexte un peu particulier, c’est vrai. Xavier Niel venait de racheter le groupe Nice-Matin (Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin) et quand je suis arrivé, le titre était en redressement judiciaire. On en est sorti depuis juillet 2022. Le premier travail engagé à consister à transformer l’entreprise, notamment en termes d’organisation. C’est passé par un certain nombre de départs, qui étaient inévitables, mais qui ont apporté des résultats : l’entreprise est revenue à l’équilibre fin 2022. Puis le travail de transformation a surtout consisté à relancer l’activité de la régie. Il y a eu beaucoup de changements en termes de management et de direction de la régie, avec la création de nouvelles offres et activités, comme notre agence d’influence marketing. Nous avons été les premiers dans la PQR à créer une telle agence ; elle rapporte aujourd’hui un chiffre d’affaires non négligeable.
Jean-Louis Pelé
2021 PDG, Groupe Nice-Matin
2018 Directeur général, L’Equipe
2016 Directeur délégué en charge des affaires sociales et industrielles, Groupe Amaury
Avant de rejoindre Nice-Matin, vous avez dirigé L’Equipe. Quelles sont les similitudes et les différences constatées entre ces deux entreprises ?
Ce sont deux groupes totalement différents. L’Equipe est un média qui était en position de monopole sur son activité, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui puisqu’il est attaqué de toute part, notamment par des acteurs du digital. A L’Equipe, j’ai dû faire face à de gros enjeux de transformation et à une forte puissance syndicale et un immobilisme qui n’ont pas toujours été faciles à gérer. Chez Nice-Matin, c’est moins compliqué de ce point de vue-là. Les salariés sont plus demandeurs de changement et sont plus aptes à le comprendre et à l’entendre. Pour les points communs, il s’agit tous deux d’organes de presse qui évoluent dans un contexte difficile, avec une décroissance du papier. Ces deux groupes partagent les mêmes enjeux, mais avec une difficulté à faire bouger les lignes qui est moins forte chez Nice-Matin.
Nice-Matin a vécu plusieurs années difficiles économiquement. Quelle est la situation du groupe désormais ?
Le groupe compte 590 salariés, dont notamment 200 journalistes, 120 porteurs, 80 salariés travaillant à la régie et 75 personnes sur les activités techniques et d’impression. Donc en proportion, les journalistes sont très importants. Concernant nos résultats, notre chiffre d’affaires était de l’ordre de 65 millions d’euros en 2021 pour un résultat net négatif de 4 millions. En 2022, nous avions un chiffre d’affaires de 68 millions et nous étions à l’équilibre. Avec 25 millions via la publicité (soit 36 %, ndlr) et le reste concerne la diffusion et les abonnements. L’entreprise était l’an passé à peu près stable sur les revenus liés à la diffusion car nous avons augmenté nos tarifs.