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Marc Feuillée
Directeur général Le Figaro
L’année 2022 a été difficile pour l’écosystème média et publicitaire. Quels ont été les résultats du Groupe Figaro ?
Le contexte est effectivement compliqué, avec l’inflation qui affecte notamment le prix du papier, qui a plus que doublé, et le ralentissement des investissements publicitaires par les annonceurs. Mais malgré cela, notre groupe a réalisé une excellente année 2022. Elle est encore meilleure que l’année 2021, était pourtant très bonne. Nous faisons même mieux qu’en 2019, année d’avant-Covid. En chiffres, cela donne 33 millions d’euros de résultat opérationnel (31 millions en 2021), avec 570 millions d’euros de chiffre d’affaires et 47 millions d’euros d’Ebitda (identique à 2021). Le chiffre d’affaires a progressé de 15 % en un an. Nous avons un groupe très digitalisé et dynamique, avec une centaine de recrutements en 2022. Nous comptons 2 000 salariés désormais, dont 300 aux équipes techniques (développeurs, produits, data, analystes, etc.) et environ 500 journalistes détenteurs de la carte de presse.
Marc Feuillée
2011 Directeur général du Groupe Figaro
2006 Président du directoire du Groupe L’Express-Roularta
1998 Directeur général du Groupe L’Express-Roularta
1996 Directeur adjoint du magazine LSA
Quels ont été les principaux leviers de croissance ?
Nos bons résultats sont dus à un Figaro solide, notamment dans sa transformation numérique, et bien sûr à la diversification du groupe et au numérique. L’ensemble de nos revenus numériques – toute la publicité en ligne, les abonnements numériques, les services aux entreprises, le content-to-commerce, les petites annonces, etc. – représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires du groupe. Et 45 % de nos revenus sont réalisés sous la marque Figaro. J’ajoute que nous avons obtenu ces résultats en dépit de la plus grande inflation industrielle que la presse ait connu depuis l’Après-guerre. Nous estimons à 15 millions d’euros par an le surcoût industriel qui en résulte, lié en majorité au papier, mai aussi à l’impression et au transport.

« Nous avons observé une bonne tenue de la publicité, et en particulier de la publicité papier, qui est en hausse de 6% »
Le dernier Observatoire de l’epub SRI-Udecam montre un net ralentissement de la publicité en ligne, avec seulement 10 % de croissance au global et 2 % pour les sites de presse et de contenus en ligne en 2022. Quel est le bilan de la publicité pour votre groupe ?
Nous avons observé pour notre part une bonne tenue de la publicité, et en particulier de la publicité papier, qui est en hausse de 6 %, avec de très beaux succès sur les segments luxe et beauté, sur Madame Figaro également. Avec je crois des gains de parts de marché. C’est ce qui explique en partie notre capacité à absorber les surcoûts de production industrielle. La seule activité qui affichait des pertes d’exploitation, de plusieurs millions d’euros et pour la première fois de son existence, était TV Figaro, que nous ne pouvions pas maintenir.
Et vos résultats sur la publicité numérique ?
Sur le numérique, notre activité est stable, avec un contraste important entre un premier semestre en progression et un second semestre en recule, à l’image du marché, et surtout sur le segment vidéo, là aussi à l’image du marché. Sans la vidéo, on aurait été en progression sur la publicité en ligne. On assiste à un ralentissement mondial de la publicité, à la fois en volume et dans les CPM liés à la crise, essentiellement sur la programmatique. Grâce à notre activité importante sur les opérations spéciales, nous avons en partie compensé la baisse du programmatique, mais pas totalement. Mais nous avons une marge de progression sur la publicité en ligne, où les CPM sont notoirement anormalement bas sur le marché français par rapport aux marchés similaires. Les opérations spéciales sont l’un des moyens pour inverser cette tendance, y compris avec des dispositifs associant papier et numérique.
L’essentiel des éditeurs médias observent un tassement de la croissance des abonnés numériques. Est-ce également le cas pour Le Figaro ?
Nous avons totalisé 270 000 abonnés en ligne fin 2022. Notre portefeuille a augmenté de 8 % en 2022 (250 000 en 2021, ndlr) pour un chiffre d’affaires en hausse de 15 %, du fait d’une progression de l’ARPU.