Vous avez pris vos fonctions il y a un peu plus d’un an. Quels ont été les chantiers entrepris et quel bilan en tirez-vous ?
J’ai fait un rapport d’étonnement peu après mon arrivée : Sud-Ouest est un groupe avec des actifs de qualité, une belle marque et un fort attachement exprimé dans la région. En dehors de la région, c’est un média qui jouit d’une image positive. A mon arrivée, j’ai pu constater que le groupe avait déjà basculé dans le digital et des diversifications dans la communication avec des métiers connexes très intéressants. De bons investissements avaient déjà été réalisés en ce sens. Mon rôle a été de mettre en ordre et de dynamiser ces diversifications. J’ai lancé plusieurs chantiers depuis mon arrivée, en mettant l’entreprise sous tension. J’ai notamment clarifié la stratégie de l’entreprise autour de trois pôles : le papier, le digital et l’audiovisuel avec deux métiers, définis comme complémentaires, le métier d’agence de stratégies de marque, via notre agence Eliette, et l’événementiel, via notre agence Côte Ouest. A travers nos événements, cette agence nous permet de toucher de nouvelles communautés qui ne sont pas lectrices de nos titres. J’ai aussi défini des verticales entrepreneuriales à développer, dans le vin, le rugby et l’économie.
Nicolas Sterckx
2021 Directeur général, Groupe Sud-Ouest
2018 CEO France & COO Groupe, Webedia
2014 CEO, MPH Global Services
2011 General director, red-on-line
2001 General director, infopro – ETAI
L’année 2022 a été difficile pour l’économie des médias, en particulier du fait de l’inflation du prix du papier. Comment Sud-Ouest a-t-il fait face ?
L’inflation nous a touché sur trois postes particuliers. Tout d’abord le coût du papier a doublé, il est passé approximativement de 500 euros la tonne à 1 000 euros la tonne. Or, nous consommons 12 000 tonnes de papier par an, ce qui a représenté un surcoût de 6 millions d’euros. Le deuxième impact provient des produits qu’on utilise pour l’impression : les plaques d’aluminium pour les rotatives, les encres, etc. Et enfin, l’impact de la hausse du coût de l’énergie, notamment celui des carburants pour la livraison. Tous les jours, on couvre 25 000 km pour livrer nos journaux, ce qui est énorme en termes de consommation de carburant. Sur le papier, on a revu certains de nos process afin de limiter la gâche aux rotatives (la gâche est la quantité de papier nécessaire pour préparer et tester un projet d’impression de journaux avant de lancer l’impression finale. Ce papier est ensuite jeté, ndlr). On a décidé de diminuer la taille du journal, tout en gardant le nombre de pages, en réduisant la hauteur de la page de quelques centimètres. Cette décision nous permet d’économiser 12 % de papier. On a lancé d’autres économies autour de l’activité papier, comme la suppression des enveloppes dans lesquelles les journaux abonnés étaient envoyés et tout un programme de refonte de la maquette.