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GIE CB
carte bancaire, paiement en ligne, paiement entre particuliers, paiement mobile, paiement sans contact
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Philippe Laulanie
Directeur général administrateur GIE CB depuis janvier 2017
Le plan de modernisation du groupement CB à horizon 2026, notamment initié à la suite de l’abandon du lancement du scheme carte d’EPI, touche à son terme. “Nous avons rempli les objectifs et 2025 est une année remarquable car elle marque une inversion : CB a regagné des parts de marché”, revendique auprès de mind Fintech Philippe Laulanie, directeur général. Alors que le groupement était presque passé sous la barre des 65 % de parts de marché, avec plus de 30 millions de cartes décobadgées, il représente désormais près de 80 % des transactions en France, assure le dirigeant. “Et nous dépasserons les 90 % d’ici 2030.”
À la source de ce revirement, notamment : le passage au cobadging pour le paiement mobile. “Nous avons doublé les volumes de paiement mobile grâce au retour des banques en cobadging sur Apple Pay et celui, en cours, sur Google Pay et Samsung Pay”, précise le directeur général. La carte CB intégrera aussi le wallet Wero, fin 2026. Le dirigeant s’attend encore à “faire x3 ou x6 sur les paiements mobiles en 2026”. Autre victoire : le retour annoncé du groupe BPCE, à partir de fin 2027, qui représentera plusieurs millions de cartes.
20 millions de cartes supplémentaires d’ici 2030
En 2025, CB a intermédié 700 milliards d’euros de transactions. En 2026, CB s’attend à une croissance de 5 à 8 % sur le volume traité. Objectif 2030 : dépasser les 1 000 milliards d’euros, les 20 milliards de transactions annuelles et les 100 millions de cartes en circulation (contre environ 78 millions actuellement, dont 8 millions de titres-restaurants). “Nous aurons alors retrouvé notre part de marché historique”, prévoit le dirigeant.
L’une des ambitions énoncées dans le cadre du plan 2026 (lire notre interview de Philippe Laulanie datant de fin 2023) n’a toutefois pas été remplie : ramener sous le giron CB les derniers acteurs français réfractaires – BoursoBank, plus de 8 millions de clients fin 2025, et Nickel, plus de 2 millions d’utilisateurs actifs – ainsi que les nouveaux entrants étrangers – N26, Revolut, et désormais Klarna, Trade Republic… Aucun n’a encore opté pour le co-badging.
Pour les dirigeants de CB, le rapatriement des volumes du paiement mobile et, bientôt, celui des volumes de BPCE – bien plus importants – suffiront à eux seuls à atteindre les objectifs affichés en 2030 ; ces deux leviers étaient jugés prioritaires. Pour autant, ils s’attendent à ce que BoursoBank repasse au cobadging d’ici 2030. “Nous observons une vraie appétence à revenir chez CB, 10 fois moins cher et deux fois moins fraudé que les autres schemes”, assure le directeur général. Il rappelle par ailleurs que “la stratégie 2030 du CNMP [Comité national des moyens de paiement, Ndlr] réaffirme l’importance de la pratique du cobadging”.
Alors qu’il n’y avait aucune demande d’adhésion à CB il y a quelques années, plus de 30 établissements (à la fois acquéreurs et émetteurs, français et étrangers) souhaitent actuellement adhérer, et en parallèle se connecter directement ou indirectement à STET, dévoile Philippe Laulanie, qui estime qu’au moins une vingtaine parmi eux adhéreront effectivement d’ici 2030. Le 1er avril, le PSP néerlandais Adyen deviendra d’ailleurs membre principal du groupement CB, aux côtés de huit grandes banques françaises et de l’américaine JPMorgan, première banque étrangère à avoir obtenu le statut en 2024, mais aussi de Stripe (depuis 2022) ou Worldline par exemple.
Plateforme de tokenisation et Click to Pay
D’un point de vue technologique, CB a avancé comme prévu dans ses travaux de modernisation. Sa plateforme de tokenisation a été lancée avec la STET en 2024. Cela lui a notamment permis de développer la solution de paiement en un clic (Click to Pay), déjà proposée depuis 2020 par Visa et Mastercard. “Tout est prêt et le déploiement devrait débuter au second semestre”, prévoit Philippe Laulanie. De même, le PIN online avec le sans contact se développe – mais l’adaptation des points d’acceptation freine encore son déploiement.
Dans le cadre du plan de modernisation, CB a également lancé un nouveau programme d’émission de cartes indépendant des schemes américains (CPACE). Toutes les banques émettent désormais des cartes sur ce standard et la bascule du parc est en cours.
IA agentique et informatique quantique
CB s’attelle désormais à définir ses futurs chantiers – son plan stratégique à horizon 2030 sera arrêté d’ici l’été. “Dans le contexte actuel, il est primordial de travailler sur les sujets de résilience, notamment sur la tokenisation, entame Philippe Laulanie. Par exemple, CB fonctionne de manière hybride, à la fois en PAN [Primary Account Number, Ndlr] et en token. Nous allons aussi continuer d’accélérer sur les sujets de fraude et d’IA, dans la continuité de la plateforme mise en place avec Feedzai”.
CB a également lancé des PoC sur l’IA agentique et réfléchit au “post-quantique”. “Les puces que l’on fabrique sont déjà adaptées au post-quantique. Nous nous attendons à des ruptures en informatique quantique d’ici 2030 et il faut s’y préparer”, souligne Philippe Laulanie.
CB souhaite par ailleurs poursuivre et amplifier son plan de communication, centré sur le paiement made in France. “Grâce à nos efforts, nous avons multiplié par quatre notre notoriété spontanée”, note le directeur général.
Euro numérique
Philippe Laulanie évoque, enfin, “deux sujets potentiels pour le futur”. “D’abord, celui du lien entre CB et l’euro numérique, puisque l’on défend la réutilisation des infrastructures existantes » [comme l’a fait le président de la Fédération bancaire française Daniel Baal en évoquant SCT Inst, une demande repoussée par la BCE, Ndlr]. Deuxième sujet : la commercialisation de l’infrastructure de CB en marque blanche à l’étranger.