Arrivés en France dès 2010, les robo-advisors sont venus concurrencer les banques sur le segment du conseil en épargne, avec des parcours digitaux et des tarifs plus attractifs. Si, une décennie plus tard, WeSave, Yomoni ou encore Nalo n’ont attiré qu’une niche d’épargnants (quelques dizaines de milliers selon nos calculs), leur apparition a toutefois provoqué une remise en question du côté des acteurs traditionnels.
Rien qu’en 2017, Apicil a pris une participation minoritaire dans le robo-advisor BtoB FundShop (racheté début 2022 par le groupe Alpheys), Aviva France, renommé depuis Abeille Assurances, a dévoilé une solution de gestion conseillée automatisée réalisée avec Fundvisory et BNP Paribas a fait l’acquisition de la fintech belge Gambit Financial Solutions. Le choix de Société Générale Private Banking (SGPB) fut tout autre puisqu’après une analyse du marché, et même une rencontre avec Gambit, se souvient Emilie Chauvet, directrice du marketing et des solutions client au sein de SGPB, la banque privée a préféré développer sa solution en interne.
Décidé en 2016, le projet devait d’une part aider à “concurrencer les fintech arrivées sur le marché avec des modèles disruptifs afin de ne pas perdre de parts de marché” et répondait par la même occasion à une évolution de la demande. “Quel que soit leur âge, nos clients sont davantage digitalisés et équipés. Ils souhaitent également être informés de manière régulière et instantanée et veulent de la mobilité dans les services : y avoir accès n’importe où, n’importe quand”, énumère Emilie Chauvet.
Stratégies d’allocation humaines personnalisées par un algorithme
Pour répondre à ce double objectif, SGPB a réunit “plus d’une centaine de collaborateurs (équipes informatique, expérience utilisateur, experts en allocation et stratégistes, maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage).