Les Français sont-ils si nuls en finance ?

Image à la une de l'article Les Français sont-ils si nuls en finance ?
En 2023, où en sont les Français avec les sujets financiers ? Sont-ils vraiment "largués" comme peuvent le laisser entendre certaines études. Le cas échéant, est-ce dû à un manque d’intérêt ou un manque d’éducation et d’informations adaptées ? A l'occasion de la semaine de l'éducation financière, Anne-Claire Bennevault, fondatrice de la plateforme SPAK dédiée à la question de l'éducation financière, revient sur les enjeux.
Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 15 jours pour découvrir l’ensemble de nos contenus

Taux d’intérêts, épargne réglementée ou financière, tolérance au risque, gestion de budget au quotidien ou d’un patrimoine pour préparer une transmission ou sa retraite : des études démontrent que les Français ont une culture économique et financière insuffisante. Cependant bonne nouvelle : une autre étude met en exergue que 77 % des moins de 35 ans attendent d’être mieux informés sur les questions économiques et financières qui touchent leur quotidien, et ce de préférence, par leurs partenaires financiers.

Est-il encore nécessaire de rappeler pourquoi c’est un sujet sociétal majeur ? La réponse est oui. Parce que cela pose des problèmes aux moins éduqués financièrement mais pas seulement. En effet, nous sommes collectivement concernés par le manque d’inclusion financière, l’explosion des arnaques (20 % des moins de 35 ans ont déjà été victimes d’arnaques financières sur les réseaux sociaux) et, encore et toujours par un écart entre les hommes et les femmes face aux connaissances et à la maîtrise des basiques de l’épargne et de l’investissement.

Entendons-nous bien, le but de l’éducation financière n’est pas de transformer tous les Français en traders mais bien de fournir les bases nécessaires, notamment à ceux qui en ont le plus besoin, pour atteindre ce que l’OCDE décrit comme « un niveau de bien être financier perçu par la personne elle-même« . 

Comment susciter l’intérêt ?

De nouvelles initiatives émergent pour créer des supports d’information plus en accord avec les attentes d’un public non averti sous forme de formats courts sur les réseaux sociaux. Cependant, les contenus émis par les médias spécialisés restent bien souvent trop techniques et ceux des finfluenceurs peuvent contenir des erreurs.

Pour favoriser une meilleure inclusion financière, l’école doit être le premier vecteur d’enseignement des bases économiques et financières. Et le sujet est pris au sérieux par le gouvernement puisque dans le cadre du programme Educfi, un parcours d’auto-formation est proposé aux enseignants pour leur permettre d’intégrer l’éducation financière au programme. Citons également le dispositif « un banquier dans ma classe » organisé par la banque de France.

Est-ce suffisant ? Certainement pas. Et surtout, comment accompagner tous ceux qui ont déjà quitté les bancs de l’école ?

Les professionnels en première ligne

Une enquête menée en visites mystères par l’AMF l’année dernière souligne que près de la moitié des conseillers bancaires continueraient de demander à leurs clients d’évaluer eux-mêmes leurs connaissances financières alors qu’ils ne devraient pas s’y fier. L’AMF avait d’ailleurs signalé en 2018 qu’en cas de réponse positive dans les auto-évaluations, il restait nécessaire de compléter par l’évaluation d’un conseiller. L’évaluation de la tolérance au risque, pourtant elle aussi obligatoire ne serait, selon la même étude, évaluée qu’une fois sur deux !

Il est essentiel que les professionnels du secteur (banquiers, courtiers, assureurs…) au contact de la clientèle repassent du statut de commerciaux à celui de conseillers. En effet, il s’avère qu’ils ont vu leur métier changer ces dernières années avec une offre de services financiers qui s’est démultipliée, un contexte économique perturbé, une pression commerciale toujours plus forte et, la digitalisation de la relation client.  

Ils sont pourtant en première ligne et c’est pour cette raison qu’ils doivent être mieux formés, informés et équipés de solutions pour bien accompagner leurs clients. J’insiste, tous leurs clients, et pas uniquement les portefeuilles les mieux garnis ou ceux, de plus en plus rares, qui passent le pas de la porte de l’agence.

C’est ainsi que nous parviendrons à réduire la défiance du public vis à vis du secteur financier et à redonner confiance. L’AMF toujours, dans son baromètre de 2022 de l’épargne et de l’investissement, nous indique que seuls 19 % des Français envisagent d’investir en actions et, plus globalement, que leur niveau de confiance est lui aussi en nette baisse quant à l’évolution de leur situation économique et financière au cours des douze prochains mois. 

Le secteur financier a donc lui aussi tout intérêt à investir dans la question de l’éducation financière.

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
mind Research
Décider : un service de recherche et de market intelligence sur mesure pour alimenter vos analyses et appuyer vos prises de décisions.
En savoir plus
mind Events
Se rencontrer : des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
mind Ads
Communiquer : des dispositifs sur mesure pour maximiser votre visibilité et engager une communauté de professionnels qualifiés.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Portage clôture son quatrième millésime à 600 millions de dollars
L’info. Portage, la plateforme d’investissement fintech gérée par Sagard, a atteint le dernier closing de son quatrième fonds venture à environ 600 millions...
18 septembre 2026
Trustly sabre dans ses effectifs
L’info. La société suédoise Trustly, spécialisée dans le paiement de compte à compte, a supprimé 205 postes, soit environ 24 % de ses...
18 septembre 2026
Crédit Agricole débloque 1,5 milliard d’euros pour soutenir la trésorerie des agriculteurs face aux aléas climatiques
L’info. Le Crédit Agricole a mis en place une enveloppe de 1,5 milliard d’euros pour soutenir les agriculteurs face aux défis climatiques suite aux vagues de chaleur...
18 septembre 2026
Plus de 48 000 commerçants ont déjà traité des transactions Wero
L’info. EPI, la société éditrice du wallet Wero, a indiqué le 17 septembre 2026 que 48 000 commerçants commerçants en Belgique, en France, en...
17 septembre 2026
Les articles les plus consultés du mois sur mind Fintech
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
Mathieu Perrymond (Shine-Cegid) : “Shine s’intègre dans notre modèle intermédié, même si les entreprises peuvent l’utiliser en direct”
L'acquisition de Shine par Cegid fin 2025 prend tout son sens avec la réforme de la facturation électronique. L'éditeur complète son offre de production comptable par une brique de front office...
1 septembre 2026
2
Lemonway reste dépendant des revenus d’intérêt malgré la croissance de son activité
En 2025, Lemonway a vu son PNB reculer de 8 % malgré des volumes en hausse de 16 %. La baisse des intérêts nets, qui représentent encore 54 % du PNB, a pesé sur le modèle du PSP, confronté à la...
9 septembre 2026
3
Pourquoi BPCE a préféré construire sa propre plateforme RAG
Faute d'une offre de marché jugée mature fin 2023, BPCE a développé en interne Nova, sa plateforme d'interrogation de corpus documentaires. Base vectorielle hébergée sur site, appels aux modèles...
7 septembre 2026
4
Experian complète sa panoplie de comparateurs dans ChatGPT
L’info. Experian a lancé le 27 août son app Credit Cards dans ChatGPT, aux États-Unis. L’utilisateur y compare, en langage naturel, frais annuels, primes de...
28 août 2026
5
Paytech cotées : des résultats 2025 en demi-teinte
Les chiffres d'affaires et volumes de paiements traités par les paytech cotées ont augmenté en 2025, mais leur rentabilité reste fragile. La confiance des investisseurs s'en trouve réduite et les...
16 septembre 2026
6
Avec MAiA, BPCE veut faire passer ses collaborateurs du prompt à l’agent
Lancée fin 2023, la plateforme MAiA est devenue le point d'entrée des 100 000 collaborateurs de BPCE dans l'IA générative. Le groupe revendiquait en novembre 2025 un taux d'adoption de 50 %, avec...
3 septembre 2026