Où se situe la frontière entre les applications bien-être et les thérapies médicales numériques proposées par les DTx ?
La frontière entre applications bien-être et thérapies numériques repose avant tout sur la revendication médicale. Lorsqu’elle est claire et assumée comme dans le cas des thérapies numériques (DTx), elle doit être étayée par des preuves. Aujourd’hui, de nombreux entrepreneurs choisissent délibérément de minimiser leur revendication pour rester dans le secteur du bien-être face à l’intérêt limité qu’affiche actuellement la Haute autorité de santé (HAS) vis-à-vis des DTx. En effet, à ce jour, aucun dossier de demande de remboursement de DTx n’a été accepté. Cette situation pèse sur le marché. Les entreprises renoncent souvent au parcours exigeant et coûteux du marquage CE car elles ne croient pas à la volonté de la HAS de rembourser ce type de dispositif médical, donc à la pertinence de tels investissements. Elles privilégient alors un déploiement direct auprès des patients, ou via les mutuelles et les entreprises, ce qui limite significativement l’égalité d’accès aux soins. De plus, le marché du bien-être reste petit, complexe, instable et peu rentable, tandis que celui des thérapies numériques pourrait être beaucoup plus structurant et porteur comme c’est le cas en Allemagne.