L’IA appliquée au domaine de la santé a-t-elle trouvé son modèle économique ? Cela semble être le cas pour la société Sivan Innovation, qui a développé la première thérapie numérique (Moovcare) à avoir obtenu le droit d’être remboursée sur le marché français. Mais Ayala Bliah, sa CEO, rappelle que “l’intelligence artificielle n’est aujourd’hui pas remboursée par l’Assurance maladie. Lorsque nous sommes passés devant la Commission d’évaluation de la HAS (la CNEDiMTS, ndlr), se souvient-elle, il était extrêmement important que l’algorithme soit figé et que ce qui a été démontré dans l’étude clinique ne bouge pas d’un iota”. Un handicap qui, selon elle, pourrait nuire à l’intégration de cette technologie dans des dispositifs médicaux commercialisables, car en l’absence de remboursement, “nous ne savons pas quel pourra être le business model de cette IA”.
Tous les pays n’ont toutefois pas des critères d’évaluation aussi stricts que la France. Présente également en Allemagne, en Espagne et aux États-Unis, l’application Moovcare (une plateforme de télésurveillance qui permet de détecter les rechutes et complications pour les patients qui ont un cancer du poumon) a pu, grâce aux dispositifs et aux caractéristiques réglementaires de ces pays, s’y déployer rapidement.