Après un an d’attente, la Commission européenne a annoncé vendredi 5 septembre le résultat de son enquête sur le comportement de Google dans les technologies dédiées à la publicité en ligne : le groupe américain est reconnu coupable d’abus de position dominante, à la fois dans la vente et l’achat publicitaires. Il devra verser 2,95 milliards d’euros d’amende et fait l’objet d’une injonction à proposer des remèdes sous 60 jours ouvrés, même s’il a déjà annoncé interjeter appel.
Si la décision motivée de la Commission n’a pas encore été publiée – elle le sera dans les prochaines semaines -, les réactions officielles ont été nombreuses et son communiqué est suffisamment précis pour en tirer des premières conclusions, selon plusieurs professionnels interrogés.
Teresa Ribera
Vice-présidente exécutive de la Commission européenne
“Dans cette affaire, Google a abusé de sa position dominante des deux côtés de la chaîne d’approvisionnement adtech (…). En raison des pratiques illégales de Google, les annonceurs ont dû faire face à des coûts marketing plus élevés, probablement répercutés sur les consommateurs européens sous forme de hausse des prix des produits et services. Les tactiques de Google ont également réduit les revenus des éditeurs, ce qui a pu entraîner une baisse de la qualité des services et une hausse des coûts d’abonnement pour les consommateurs (…). Une simple amende dans cette situation ne suffit pas à apporter des solutions réelles et tangibles au marché et à protéger nos consommateurs. C’est pourquoi nous avons également ordonné à Google de cesser ses pratiques illégales et de mettre un terme à ses conflits d’intérêts inhérents au secteur de l’adtech. Google dispose de 60 jours pour informer la Commission de la manière dont elle compte procéder, et si elle ne parvient pas à proposer un projet viable, la Commission n’hésitera pas à imposer une mesure corrective appropriée. À ce stade, il semble que la seule façon pour Google de mettre fin efficacement à son conflit d’intérêts soit de recourir à une solution structurelle, comme la vente d’une partie de son activité adtech. Cela semble à la fois nécessaire et proportionné pour mettre fin efficacement à l’infraction.” (communiqué)
Thierry Hugot
Directeur des opérations, Rossel France
Le groupe média belgo-français est le premier acteur à avoir attaqué Google en réparation en France après sa condamnation par l’Autorité de la concurrence française en 2021.
“Je suis satisfait de la condamnation de Google, mais une amende de ce type ce n’est pas une fin en soi. D’abord parce que le montant n’est pas très élevé eu égard à ses résultats et aux préjudices causés, ensuite parce que cela ne répare pas les préjudices économiques qui sont causés aux entreprises comme la nôtre.