Des masses de données non structurées qui arrivent en temps réel : les organisations doivent traiter de données volumineuses toujours plus hétérogènes. Pourtant, pour certains, tel Maurice Belais, fondateur de Quatrax Conseil en 1995, société de marketing intelligence, chargé d’enseignement en marketing et CRM à HEC, la Big Data est un faux problème. « Simplifier la multiplication des données générées par la multiplication des canaux, cela s’appelle faire des statistiques. Et l’enjeu reste le même qu’avant la Big Data : ramener sur le poste du décideur l’information dont il a besoin au moment où il en a besoin », indique-t-il à Satellinet. Pour d’autres, comme Gilles Babinet, président de Captain Dash (6 personnes en France, 18 en Tunisie), société spécialisée dans la visualisation de données, la Big Data annonce une nouvelle étape dans l’histoire d’internet. Toutes les nouvelles informations qui proviennent des réseaux sociaux ont potentiellement une énorme valeur, « notamment celle de décrire les phénomènes de foule », explique-t-il à Satellinet. Photos publiées sur Flickr, statuts Facebook, tweets rédigés lors d’événements cérémoniels comme une campagne électorale ou une finale de coupe du monde de football, production de contenu vidéo sur toutes sortes de plates-formes de blogs… : on assiste à un véritable « data déluge » à l’échelle du web. Des données complètement déstructurées qu’il s’agit de stocker avant de les faire parler. L’enjeu pour une société est de saisir de nouvelles opportunités de marché en croisant des données hier inexploitables, voire inexistantes.
Big Data : un concept pour des applications concrètes
L’appelation « Big Data », concept émergent dans l’écosystème internet et dont la définition n’est pas encore stabilisée, désigne le traitement d’un énorme volume de données en temps réel. Ces données, abondantes, proviennent du téléphone, d’informations publiques publiées sur internet, de l’entreprise et des réseaux sociaux qui produisent des connexions de plus en plus poussées entre les personnes. Il s’agit de regrouper et de stocker ces données non structurées sur des serveurs suffisamment robustes, puis d’être en capacité d’analyser les informations recueillies. Ce travail permet notamment de dégager des tendances de fond sur les comportements d’acheteurs ou d’une audience. Le rôle des analystes sera de simplifier ces informations afin d’en permettre la compréhension pour une prise de décision rapide et éclairée. Gérer la charge sur un réseau, adapter les ventes des produits et services en fonction de la demande des clients, ou détecter les phénomènes (mode, météorologie…) qui vont déclencher un acte d’achat : la Big Data a surtout commence à être appliquée dans la sphère de l’industrie, des télécommunications et du commerce en ligne. Ce type d’analyse en temps réel commence à produire ses effets dans l’univers des médias, notamment celui de la « social TV ». Les premières expériences Big Data se mettent ainsi en place autour de l’interaction entre l’écran TV et le second écran, tablette ou smartphone. Elles pourraient donner lieu à l’émergence de nouveaux modes de consommation de la télévision et pousser à une personnalisation très fine des services dans les industries de contenus en ligne. Satellinet propose un panorama sur l’état actuel de la Big Data, détaille les conditions technologiques qui ont permis l’arrivée de ce type d’analyse, expose les applications déjà à l’oeuvre dans les télécommunications et le commerce et se penche sur les expérimentations en cours dans les médias.
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Lundi 30 avril 2012
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