En 2012, le marché de la musique dématérialisée atteint pour la première fois un quart des ventes totales de musique en France. Selon le Snep, Syndicat national de l’édition phonographique (producteurs), si les supports physiques représentent encore la source principale de revenu de l’industrie de la musique enregistrée en France (589,7 millions d’euros au total — ventes éditeurs de CD / DVD musicaux nettes de remises, revenus numériques et droits voisins), les ventes dématérialisées sont en hausse de 13 % à 125 millions d’euros en 2012 par rapport à 2011. Dans le détail, 63 millions d’euros proviennent du téléchargement (50 %), 35,4 millions d’euros des abonnements au streaming (28 %), 17,1 millions d’euros du streaming gratuit financé par la publicité (14 %). La part du marché dématérialisé au sein des ventes s’établit donc à 25 % en 2012, contre 21 % en 2011. Les abonnements à des services de musique en ligne ont augmenté de 36,6 % en 2012 et les revenus du streaming financé par la publicité ont progressé de 22,9 %. Ces chiffres résultent d’un comptage opéré sur l’ensemble des plates-formes disponibles en France, qu’elles soient d’origine françaises ou étrangères comme iTunes ou Google Play, mais aussi Spotify ou encore Grooveshark. Cette croissance bénéficie en priorité aux acteurs qui ont atteint un taille critique suffisante. En France, il s’agit de Deezer, qui domine, en termes de chiffre d’affaires, un marché dans lequel une vingtaine de sociétés tentent de développer des modèles économiques très variés. Ces éditeurs français sont confrontés à une double contrainte : reverser près de trois quarts de leur chiffre d’affaires aux maisons de disques, et investir pour innover. Au risque de disparaître.
UN MARCHÉ FRANÇAIS DOMINÉ PAR DEEZER
Les revenus des éditeurs de services de musique en ligne français sont essentiellement générés par un acteur du streaming, Deezer. En effet, selon Jean Christophe de Launay, président de Beezik et vice-président du Syndicat des éditeurs de musique en ligne (ESML), interrogé par Satellinet, le chiffre d’affaires, en France, de l’ensemble des éditeurs de services de musique en ligne représente, en 2012, 70 millions d’euros (cumul des différents chiffres d’affaires des adhérents).