Vous avez été nommé coordinateur national pour l’intelligence artificielle en janvier. En quoi consiste votre rôle ?
Ma mission concerne la coordination interministérielle de la stratégie nationale en intelligence artificielle, ce qui consiste à s’appuyer sur l’ensemble des administrations concernées, ainsi que sur les centres et laboratoires de recherche, pour structurer l’écosystème d’IA sur le long terme et à tous les stades du développement technologique : formations, R&D, applicatifs, certification, mise sur le marché et diffusion intersectorielle, soutien et encadrement du déploiement.
Guillaume Avrin
2023 Coordinateur national pour l’intelligence artificielle, DGE
2017 Responsable du département Évaluation de l’intelligence artificielle, LNE, et expert indépendant en intelligence artificielle
Quelles sont les principales orientations de votre feuille de route ?
La stratégie nationale pour l’intelligence artificielle (SNIA) a été lancée en 2018 et renouvelée fin 2021. La priorité de la phase 2 de la SNIA est de favoriser la diffusion de l’IA dans notre économie. Nous comptons atteindre cet objectif en agissant selon trois axes. D’abord par la formation initiale et continue à l’IA, en finançant la mise en place de formations “cœur IA” centrées sur les enseignements statistiques et mathématiques, et de formations appelées “IA+X” centrées sur l’application, l’utilisation et compréhension du pouvoir transformateur de l’IA (traitement automatique du langage, reconnaissance automatique des images, etc.) dans un domaine particulier (médecine, pharmaceutique, droit, production industrielle, logistique, industries culturelles et créatives, cybersécurité, etc.).
Le deuxième axe de notre feuille de route est la poursuite d’un soutien à l’offre “deep tech”, aux acteurs émergents de l’innovation, notamment sur les volets IA de confiance – IA frugale – IA embarquée, en capitalisant sur des communs numériques (librairie logicielle souveraine en matière d’apprentissage machine et de préparation de données, outils pour le test et l’intégration d’algorithmes d’apprentissage profond sur des cibles embarquées, etc.), ainsi que les nouvelles avancées de l’IA générative, giga-modèles, etc.
Enfin dernier axe de la feuille de route, l’instauration d’un cadre favorisant le rapprochement entre l’offre et la demande en intelligence artificielle. Notamment via la mise en place d’outils nécessaires à la mise sur le marché d’IA de confiance et la mobilisation de l’ensemble des intermédiaires : les assureurs, les banquiers, les consultants, les organismes notifiés, les autorités notifiantes, les centres d’essais, etc.