Que représente le groupe RTBF en Belgique ?
La RTBF est le grand média public francophone belge. Notre groupe représente un peu plus de 400 millions d’euros de chiffres d’affaires, dont 75 % de financement par une dotation publique, déterminée dans le cadre d’un contrat de gestion quinquennal. Le groupe compte 1 900 collaborateurs permanents, dont 400 journalistes, auxquels il faut ajouter 8 % d’intermittents, ainsi que les sociétés de production indépendantes et les sous-traitants avec lesquels nous travaillons. Nous éditons aujourd’hui trois chaînes de télévision linéaires, cinq chaînes de radio en FM et huit chaînes de radio en DAB+ qui sont les cinq mêmes qu’en FM et trois supplémentaires, spécifiques au DAB+. Nous avons également développé une activité digitale qui regroupe un site commun depuis quelques semaines, une application ainsi qu’un player de contenus audio et vidéo. Nous sommes présents sur les réseaux sociaux avec des contenus spécifiques sur Facebook, Instagram, Youtube, TikTok et Twitch. Nous avons également créé une marque pour rassembler toutes nos activités liées au gaming, « iXPé ».
Jean-Paul Philippot (RTBF)
2002 administrateur général, RTBF
1996 Administrateur délégué, iris-Hospitals
Quels sont les positionnements de vos offres de télévision et radio ?
Depuis 2018, nous sommes organisés autour de deux piliers : un pilier de production et de création multimédia et un pilier de distribution composé de quatre univers pour quatre publics différents. Chacun de ces quatre éditeurs d’offres dispose de chaînes de télévision et de radio. Les quatre publics identifiés sont les suivants : le « Nous », les gens qui recherchent dans le média un point de rencontre et de vivre ensemble. Il s’agit d’un public qui recherche de l’information, de l’émotion, des moments de partage, des moments pour se retrouver de manière intergénérationnelle, positive et constructive. Ce public est fidèle à la consommation linéaire, car par nature elle est une consommation de rassemblement. Le deuxième public que l’on adresse est ce qu’on appelle le public affinitaire : il est beaucoup plus éclectique et recherche de l’expertise et de l’approfondissement dans différents domaines : la musique rock, la musique classique, la culture, l’ouverture à l’international, le débat, le documentaire sur la création, le cinéma d’art et essai… Il s’agit d’un public qui veut apprendre et se distinguer. Trois chaînes de radio et une chaîne de télévision s’adressent à ce public. Le troisième public que nous visons avec des offres spécifiques sont les jeunes adultes. Ce public entre tout juste dans la vie active. Il s’agit des futurs leaders d’opinion. Il a une habitude de consommation mi-linéaire, mi-numérique. Il est en recherche d’engagement et possède une relation au monde plus militante avec des habitudes de voyages et des sports différents. Deux chaînes de radio et une chaîne de télévision s’adressent à eux.
Enfin le quatrième public identifié est constitué des jeunes générations, des enfants aux jeunes adolescents, qui sont nés dans l’univers du numérique. On leur propose une offre dédiée en linéaire et sur le numérique. Mais ils ont également accès à une offre éditorialisée autour des cultures urbaines, qui est purement digitale. Cette offre est présente sur les réseaux sociaux, sur nos plateformes et en DAB+. Mais plus largement, on cherche à développer une approche éditoriale qui se décline sur toutes les plateformes, avec un choix des thématiques et des formats, de manière à ne pas créer une ghettoïsation de nos contenus, avec le sport pour un public et la culture pour un autre, par exemple.
« Les revenus publicitaires issus de la télévision représentent 55 % de ce budget prévisionnel cette année, la radio 38 % et le digital 8 % »
Comment se décompose votre budget entre revenus payants, publicité et dotations publiques ?
En 2021, le budget du groupe était d’environ 400 millions d’euros, dont 75 % proviennent d’une dotation publique, contre 385 millions d’euros en 2020 dont 78 % de dotation publique. 2020 a été une année un peu particulière puisqu’on a vu une diminution de nos revenus publicitaires liée à la pandémie de Covid-19.