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Le Monde
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Jérôme Fenoglio, élu directeur du Monde pour six ans le 30 juin dernier, a accordé sa première grande interview à Satellinet. Il revient sur son élection mouvementée, livre son regard sur les médias en ligne et évoque ses rapports avec Louis Dreyfus.
Il explique également comment il souhaite que le journal du soir s’adapte davantage au numérique, et présente ses projets : plus d’innovation au sein du journal, mise en place d’une cellule R&D et data, nouvelles chaînes thématiques, poursuite du projet vidéo…
Comment interprétez-vous le refus initial de la rédaction de valider votre nom comme directeur du journal au printemps ?
Comme le signe que la rédaction est très attachée à toutes ses prérogatives qui garantissent son indépendance. Il n’y a pas vraiment de procédure écrite mais il y a des usages. Cette fois-là, ils n’avaient pas été respectés puisque je n’étais pas officiellement candidat : j’ai été candidat à la demande des actionnaires et nous avons eu le tort – moi et les actionnaires – de ne pas penser que cela méritait des explications et que cela aurait dû entrer dans une procédure plus conforme aux usages. D’où une certaine méfiance. J’aurais dû dire qu’il fallait prendre le temps d’aller vers la rédaction et expliquer ce qu’il s’est passé.
A ce moment-là, j’étais directeur de la rédaction et j’ai réagi en tant que tel : j’étais obsédé par le fait de faire avancer tous les chantiers avant l’été et je voulais aller très vite. Cela a été une énorme erreur. Mais cela n’allait pas plus loin qu’un problème de procédure, il n’y a pas de méfiance sur moi et sur mon projet et j’ai franchi le seuil requis lors du deuxième vote (68,44 % de votes favorables, ndlr).
Quelles étaient vos motivations pour diriger le journal et quel regard avez-vous sur cette fonction ?
J’étais déjà directeur de la rédaction. Je suis polyvalent depuis mes 25 ans au journal et je suis passionné par les changements et les transformations du journalisme. Je pense que nous vivons une période passionnante pour notre métier car nous devons mettre en place des moyens différents pour atteindre notre public.
Quand l’occasion s’est présentée, c’était donc pour moi une façon d’aller au bout d’un certain nombre de ces transformations. J’ai été rédacteur en chef du Monde.fr mais être directeur c’est pouvoir avoir la main sur la transformation numérique du journal et pouvoir mobiliser les équipes et chercher à renouveler le public.