The Guardian est l’un des groupes médias ayant amorcé le plus tôt la réduction de son empreinte carbone. Comment cela se concrétise-t-il ?
Nous agissons de manière proactive et organisée. Nous venons d’ailleurs de renouveler en octobre 2022 notre déclaration d’engagements sur le climat (celle-ci prévoit notamment une couverture rédactionnelle large du changement climatique insistant sur l’impact du dérèglement climatique sur les populations, la publication d’indicateurs clés, la réduction des deux tiers de ses émissions carbone d’ici 2030, ndlr). Notre action passe notamment par la réalisation d’un audit carbone annuel. Nous collaborons sur ce point avec le cabinet de conseil Green Element. Nous recueillons en interne des données au sein de l’entreprise et auprès de notre chaîne d’approvisionnement. De son côté, Green Element dispose d’un outil pour convertir ces données en mesure d’émissions. Pour le calcul, ils utilisent le protocole GHG, la méthodologie internationale de calcul des émissions la plus utilisée dans le monde (la méthode GHG, pour Greenhouse Gas, a été mise en place par deux organismes, le WBCSD, World business council for sustainable development, et le WRI, World resources institute, ndlr).
Julie Richards
2022 Director of sustainability & operational transformation, The Guardian
2015 Delivery portfolio director, The Guardian
2011 Manager, strategy consulting, The Guardian
2007 Middle East analyst, Business Monitor International
2006 Telecoms analyst, Business Monitor International
2005 Journaliste, Europe Information Service
A combien s’élèvent vos émissions carbone et quels sont les enseignements tirés de cet audit ?
D’après nos résultats les plus récents, The Guardian émet l’équivalent de 23 000 tonnes de CO2 par an. Même si la mesure des émissions de carbone est un processus qui se standardise, et qu’il existe des conseils clairs dans le protocole GHG, elle reste complexe et implique de nombreuses décisions au sein de l’entreprise concernant ce qu’on inclut ou pas dans le calcul. Au fil du temps, nous avons élargi le périmètre de nos mesures. Par exemple, au cours des dernières années, nous avons ajouté des données concernant les déplacements de nos employés et avons commencé à estimer les émissions de nos salariés travaillant à domicile. Nous avons également ajouté des données issues de nos services digitaux. Nous savons actuellement comment mesurer les émissions liées à la publicité numérique et donc la chaîne d’approvisionnement publicitaire programmatique. Nous apprenons encore. Le plus grand enseignement que l’on retire de ce calcul est qu’il s’agit d’un processus vraiment complexe et que récupérer des données de bonne qualité et fiables de la part de nos fournisseurs prend du temps.
“70 % du total de nos émissions carbone provient de la production de journaux, de la fabrication du papier à son impression, en passant par sa distribution et son recyclage”
Quelles sont vos activités les plus émettrices ?
70 % du total de nos émissions carbone provient de la production de journaux, de la fabrication du papier à son impression en passant par sa distribution et son recyclage. Nous avons considérablement réduit notre empreinte dans cette catégorie ces deux dernières années. Nous avons également apporté quelques améliorations à notre chaîne d’approvisionnement.