Les premières expériences de télévision sociale de Canal+ sont mises en place depuis fin 2011. Il s’agit de projets test autour de ses thématiques phares (cinéma, politique, sport). « Pour nous, l’intérêt, dans l’immédiat, n’est pas de générer des recettes — c’est d’ailleurs plutôt compliqué en ce qui concerne la social TV. Notre objectif aujourd’hui est d’abord l’engagement des audiences et la fidélisation de nos abonnés en faisant preuve d’innovation », indique Fabienne Fourquet, directrice des nouveaux médias à Canal+, interrogée par Satellinet. Les recettes de la chaîne cyptée (1,85 milliard d’euros en 2011, + 3,9 %, pour un résultat net de 49 millions d’euros) reposent en effet à 89 % sur les recettes d’abonnements, selon le rapport 2011 du groupe. Le taux de réabonnement est de 87,7 % pour la même période. La stratégie du groupe, pour la télévision sociale comme pour l’ensemble de ses programmes, consiste donc à enrichir l’expérience des abonnés (5,5 millions revendiqués), qui paient quelques centaines d’euros par an pour recevoir le bouquet (Canal+, Canal+ Cinéma, Canal+ Sport, Canal+ Family et Canal+ Décalé pour 25 euros par mois les six premiers mois; 39,90 euros ensuite). Structurellement, la chaîne n’a pas d’organisation dédiée à la télévision sociale : le sujet est rattaché au département Nouveaux contenus (20 personnes) et traité en fonction du projet par chacun des pôles éditoriaux (séries, cinéma, sport, divertissement). Le pôle agit alors en partenariat avec le service rédactionnel de l’antenne concerné pour enrichir le programme. Si Canal+ a, dans un premier temps, opté pour une télévision sociale basée sur les réseaux sociaux et l’ordinateur, elle vient de lancer en août dernier une application pour iPad relative au football, afin de tester la tablette comme deuxième écran.
La télévision sociale à Canal+ : engagement des communautés et fidélisation des abonnés
Définie de manière classique comme un dispositif technologique permettant des interactions entre le téléspectateur et le programme regardé en direct, la télévision sociale est l’un des sujets les plus évoqués par les acteurs audiovisuels en cette rentrée. Tous, avec des positionnements différents, mettent en place des expérimentations. L’enjeu est de regagner l’attention du public. Selon une étude réalisée par Médiamétrie et publiée en juin dernier, 44 % des internautes de 15 ans et plus ont déjà utilisé un second écran en même temps qu’ils regardaient la télévision. Après TF1 il y a quinze jours (lire Satellinet n°120), et avant France Télévisions dans les prochaines semaines, Satellinet présente la façon dont Canal+ appréhende cette nouvelle forme de télévision. La chaîne cryptée y voit avant tout un moyen de générer de l’engagement auprès de communautés bien identifiées (cinéma, politique et sport) et de fidéliser ses abonnés. Satellinet détaille la stratégie de la chaîne relative à la télévision sociale, à travers l’organisation de ses équipes, les premières expériences mises en place et leurs retombées.
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Lundi 10 septembre 2012
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