Le responsive design a été facilité par l’essor du HTML5 et du CSS3 dès 2011. Ces deux technologies permettent de détecter la taille du navigateur ou le type de support utilisé : les formats des images, la quantité et la taille des textes, comme l’agencement global de la maquette, tous les contenus s’ajustent pour une lecture optimale selon le terminal. La décision de Google d’inclure le responsive design dans ses recommandations relatives au SEO publiées en juin dernier a également participé à la diffusion du procédé et à rassurer les médias inquiets quant aux conséquences sur leur référencement. Ces douze derniers mois, les éditeurs de contenus ont entrevu les possibilités offertes et les avantages du responsive design. Le premier intérêt est de pouvoir gérer et alimenter en contenus tous les terminaux avec le même code et à partir d’un seul CMS, tout en évitant les créations et mises à jour multiples d’applications mobiles dédiées. « De ce fait, toute la maintenance coûte moins cher en technologies différentes et en ressources humaines », souligne Jérémie Clévy, directeur des activités digitales de Mondadori France (environ 1 000 personnes et 348,1 millions de CA en 2011). A près de 30 000 euros la création d’une application mobile traditionnelle pour un grand site média, le budget s’avère en effet de plus en plus conséquent pour les groupes éditant plusieurs sites sur l’ensemble des OS. Selon le niveau d’expertise acquis, les acteurs interrogés évaluent entre 20 et 30 % le temps et le coût supplémentaires nécessaires pour mettre en place un site en responsive design. C’est la conception, et les réflexions autour des choix à faire et des arbitrages à rendre, qui allongent la durée des projets, pas son intégration technique. « Il faut beaucoup de discussions en interne sur les meilleurs choix techniques à faire. Il faut également travailler avec les équipes éditoriales pour comprendre leurs besoins et discuter, convaincre le rédacteur en chef qu’il faut repenser en profondeur le site. Ce sont ces discussions, indispensables, qui prennent le plus de temps, plus que la mise en place opérationnelle », souligne Emmanuel Parody, Publisher Business and News à CBS Interactive France (Cnet. fr, Zdnet.fr et GameKult.com). Ces surcoûts de développement sont ensuite effacés par la mutualisation des coûts de mises à jour pour les différentes versions du site. Autre avantage du responsive design, il représente une alternative aux applications et offre la possibilité de s’affranchir des kiosques applicatifs, de leurs contraintes techniques et des commissions prélevées par leurs propriétaires (Apple, Android…).
CBS INTERACTIVE, PRÉCURSEUR
Cnet.fr est le premier site média d’envergure à avoir appliqué le responsive design en France, en mars 2012.