Mouvement initié par Arte en avril 2007, la télévision de rattrapage, qui s’inscrit dans une logique de délinéarisation des contenus, est en croissance continue. Selon le baromètre du CNC, il y avait ainsi plus de 15 000 programmes de vidéos disponibles sur les sites des chaînes hertziennes gratuites en octobre 2010, plus de 16 000 en novembre et plus de 17 000 en décembre. La télévision de rattrapage devient donc un univers très concurrentiel avec M6 Replay, Pluzz de France Télévisions, Canal+ à la demande, Canalsat à la demande, MyTF1 et Arte+7, tandis que des acteurs comme Gulli, AB Groupe ou BFM TV tentent de s’imposer sur les secteurs où ils détiennent un catalogue thématique. La demande du public est de plus en plus importante : 11 millions de personnes âgées de 15 ans et plus consomment occasionnellement des programmes TV via les services de catch up, soit 23,3 % de cette tranche d’âge (Médiamétrie, 2010). Cette nouvelle consommation délinéarisée des programmes télévisés attire les annonceurs qui investissent de plus en plus sur la vidéo in stream (pre-roll, mid-roll) : 30 millions d’euros en 2010 contre 12 millions un an plus tôt selon l’Observatoire de l’e-pub SRI-Capgemini de janvier 2011. « La catch-up est certes un marché en forte croissance, environ 50 % par an. Mais on part d’assez bas et les usages restent faibles », relativise Laurent Souloumiac, directeur des Services interactifs de France Télévisions, selon qui l’audience de la télévision en rattrapage représente « peut-être 1 % » de la consommation télévisuelle totale.
FRANCE TELEVISIONS MULTIPLIE LES ENTREES
Le service Pluzz a été lancé par France Télévisions en juillet 2010. Jusque-là, la stratégie du service public était de ne pas concentrer la catch-up sur un seul site, mais de la proposer sur chaque site du groupe selon sa chaîne de diffusion. « Aujourd’hui, il y a donc une double entrée pour consommer les programmes de France Télévisions en rattrapage sur le web : soit par la plate-forme Pluzz — qui agrège les différents contenus de rattrapage des chaînes du groupe—, soit directement sur les sites de chaque chaîne », explique Laurent Souloumiac, directeur des Services interactifs de France Télévisions. Cette stratégie de double entrée satisfait les dirigeants de la chaîne, « car il n’y a pas de cannibalisation de l’audience des sites par Pluzz. Au contraire, les audiences s’additionnent », continue-t-il. L’exemple le plus marquant est Plus belle la vie. « Le programme comptabilisait déjà 2 millions de vidéos vues par mois sur le site de France 3, il enregistre désormais également 3 millions sur Pluzz. On a plus que doublé l’audience », indique le patron des services interactifs. Les programmes disponibles sur Pluzz sont accessibles gratuitement pendant 7 jours ; au-delà, comme chez tous ses concurrents, ils deviennent accessibles en VOD.