Immédiateté, interactivité, gratuité, publicité… en termes de rythme éditorial et de modèle économique, la radio a un fonctionnement proche du web. Les stations se portent bien : le chiffre d’affaires pour la radio de NextRadio TV s’affiche en hausse de 12 % à 65,9 millions d’euros, celui du pôle médias musicaux – essentiellement constitué des radios NRJ, Nostalgie, Chérie FM, Rire et Chansons et MFM – de NRJ Group à 206,1 millions d’euros, en progression de 4,1 %, le chiffre d’affaires publicitaires d’Europe1 enregistre « une croissance à deux chiffres ». Pourtant, eurs déclinaisons numériques ne dégagent pas encore de réels bénéfices. « On peut d’ailleurs se demander si leur but est d’être rentable financièrement. L’objectif de cette présence digitale est d’être une porte d’entrée vers la radio, de recruter pour le mass media. Les investissments numériques font presque partie du budget communication », souligne Tristan Jurgensen, directeur général de RTL Net, la filiale editrice des sites web du pôle radio RTL. « Le retour sur investissement financier doit être pondéré par les retours en termes d’images, qui sont plus que positifs », renchérit Gilles Nay, directeur des activités numériques d’Europe1, qui s’appuie sur le titre de radio « la plus podcastée » selon les chiffres de Mediametrie. Satellinet dresse un panorama des différentes stratégies des principales radios françaises pour être présentes sur les supports numériques et monétiser cette nouvelle audience.
RADIO FRANCE VEUT DISSÉMINER PLUS LARGEMENT SES CONTENUS
Les 11 sites internet de Radio France (France inter, France Info, France Musique, France Culture, Le Mouv’, Fip, France Bleu, Orchestre national de France, Orchestre philarmonique de Radio France, Choeur de Radio France et Maîtrise de Radio France) ont rassemblé 2,8 millions de visiteurs uniques en décembre (Mediametrie), 70 % se concentrant sur les sites de France Inter et France Info. À l’image de celui de France Culture, qui a vu son audience augmenter de 20 à 30 % par mois depuis sa rénovation en mai, tous ces sites devraient progressivement être refondus. L’objectif est alors de mieux mettre en résonance les contenus du web et de l’antenne. « L’âge médian des auditeurs d’une émission diffusée sur la radio est de 50 ans, de 40 ans pour une émission podcastée, de 35 ans pour une émission disponible sur les mobiles selon Robert Spier, de NPR Digital, le département numérique de la radio publique américaine, que nous avons interrogé. Pour nous qui avons pour mission de rajeunir notre audience et qui disposons de contenus à valeur patrimoniale, qui durent dans le temps, il est donc indispensable d’être présents sur ces supports avec trois axes de développement : la diffusion, l’enrichissement et le partage des contenus », souligne François-Xavier Labarraque, directeur de la Stratégie et du Développement de Radio France. Le groupe enregistre plus de 7 millions de sessions d’écoute en direct par mois, selon les derniers chiffres de l’étude Streaming Live de Mediametrie. Radio France revendique 50 % de parts de marché des podcasts en France, soit près de 7,5 millions de podcasts téléchargés chaque mois (10 millions dans le monde) et 2,5 millions de téléchargements de ses aplications sur iPhone, Android, Windows Phone 7 et BlackBerry « avec un taux d’activité important ».