-
Le Monde
Informations générales, Offres payantes
-
L’Obs
Offres payantes, Presse magazine
-
Groupe Le Monde
Médias, Publicité
-
Louis Dreyfus
Président du directoire Le Monde
Le Parlement européen a finalement voté le texte sur le droit voisin aux droits d’auteur pour une meilleure protection des contenus et un meilleur partage de la valeur avec les plateformes qui les distribuent. Quelle est la suite désormais et quels revenus en attendre pour les éditeurs de presse ?
C’est une première victoire pour tous les éditeurs de contenus et les auteurs, mais c’est seulement une première étape ; nous ne sommes qu’au début d’un processus qui va être long et semé d’embûches. En tant qu’éditeurs de presse, nous espérons que les pouvoirs publics veilleront à ne pas concentrer tous leurs efforts sur les droits d’auteurs et qu’ils resteront vigilants sur l’économie de la presse et la situation des éditeurs. Dans les discussions que nous avons pu suivre, nous avons parfois eu le sentiment que certains pouvaient être tentés de privilégier la défense des droits d’auteur au détriment de la presse. Il faut y faire attention, cette bataille est une démarche d’ensemble.
Pour ce qui est de la mise en application du texte et la question du partage de revenus, il est trop tôt pour définir des montants ou des objectifs. Nous allons d’abord attendre de voir le texte définitif, puis ensuite nous ferons travailler des spécialistes sur le sujet (les représentants du Parlement européen vont désormais discuter et négocier avec les représentants du Conseil européen et ceux de la Commission européenne pour se mettre d’accord sur la version finale du texte de la directrice à venir, à partir de la loi votée au Parlement. Selon un proche du dossier, le texte européen définitif pourrait être arrêté d’ici fin 2018 ou peu après. Il faudra ensuite que le Parlement français transpose le texte dans la loi pour que s’ouvrent les discussions entre éditeurs, GAFA, et éventuellement ayant-droits, ndlr)
Une nouvelle association d’éditeurs de presse, l’Alliance de la presse d’information générale, vient d’être créée. Pourquoi un nouvel organe ?
C’est une très bonne nouvelle que les éditeurs de presse d’information générale se rassemblent enfin pour être plus forts ensemble. C’est l’union du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN, dont fait partie Le Monde, ndlr), l’Union de la presse en région (UPREG, qui rassemble le SPQR, soit le Syndicat de la presse quotidienne régionale, et le SPQD, soit le Syndicat de la presse quotidienne départementale, ndlr), ainsi que le Syndicat de la presse hebdomadaire régionale (SPHRn ndlr). Il s’agit de s’unir pour créer une seule et même association fédérant 300 titres sur des valeurs et des objectifs communs.
Il y a finalement très peu de sujets sur lesquels nous pouvons avoir des désaccords. Nos syndicats respectifs perdurent, les conventions collectives respectives aussi, mais il s’agit d’être plus cohérent et plus efficace dans nos prises de parole pour négocier avec les institutions et les différents acteurs dans les dossiers qui nous attendent : droits voisins, e-privacy, réforme de la distribution de la presse… La pluralité d’associations syndicales et de prises de parole nuisait à la crédibilité de nos positions.
« Un login commun aux éditeurs ? Nous attendons le terme des travaux du Geste. Au cours des dernières années, les démarches de ce type rassemblant beaucoup d’acteurs ont malheureusement rarement donné un résultat concret et opérationnel »