Quels sont les résultats économiques attendus pour 2018 ?
Nos prévisions portent sur un chiffre d’affaires groupe supérieur à 600 millions d’euros, avec un EBIDTA d’environ 45 millions d’euros et un résultat d’exploitation sans doute compris entre 33 et 34 millions d’euros. Le résultat net – que je ne dévoilerai pas – sera une nouvelle fois positif : le groupe est structurellement bénéficiaire depuis longtemps. On s’adapte, on se diversifie, on se digitalise (voir notre graphique sur les résultats du groupe depuis dix ans plus bas, ndlr).
Le pôle média – c’est-à-dire le quotidien et les magazines, les activités de médias digitaux, la publicité et nos sociétés à la performance – représente environ 60 % des revenus. Les activités de services et de e-commerce représentent environ 40 %. La proportion est la même pour la contribution au résultat d’exploitation. Notre stratégie est toujours la même, autour de trois piliers : des médias performants, un processus de digitalisation et des diversifications qui apportent revenus, complémentarités et synergies (le groupe a notamment acquis ces trois dernières années CCM Benchmark, les agences de voyages Maisons du voyage et Marco Vasco, et Viadeo, ndlr). Et évidemment être performant dans la publicité.
Le marché publicitaire est de plus en plus difficile pour les éditeurs médias. Quelle analyse en faites-vous ?
Nous constatons toujours un recul des supports médias historiques et la montée en puissance des plateformes. Le marché publicitaire est profondément et durablement déséquilibré au profit de Google et Facebook. La réalité des chiffres montre qu’il n’y a pas de ralentissement à cette domination. Au contraire.
Le mobile, qui tire les usages numériques, illustre cette situation : 93 % des investissements publicitaires y sont captés par Google et Facebook. Il reste 7 % pour tous les autres acteurs, et cela s’aggrave d’année en année. Cela laisse songeur. Ce qui est en train de se passer, c’est l’éviction des médias du marché de la publicité en ligne, particulièrement les éditeurs de presse. Comment stabiliser cette tendance ? Je ne dis pas inverser, car nous n’en sommes même pas là.