Cela fait quatre ans que vous êtes responsable des activités numériques de TF1. Quel a été votre parcours ?
Je suis un pur « produit TF1 » : j’ai participé au lancement de TPS en 1996 en tant qu’ingénieur, j’ai ensuite fait partie des équipes qui ont travaillé à la numérisation de TF1. Et désormais, je suis effectivement directeur général de e-TF1 depuis 2010, après en avoir été directeur général adjoint en 2007 avec la responsabilité du web. Le fil conducteur de ma carrière, finalement, c’est la vidéo : avec TPS il y a 20 ans, la vidéo numérique ensuite, et maintenant la vidéo sur internet. Mes responsabilités actuelles concernent l’ensemble de l’offre numérique gratuite, le voting antenne, la réflexion stratégique et développement autour du business numérique.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ces dernières années ?
Ce qui m’étonne toujours, c’est le décalage entre le développement des usages et l’apparition des modèles économiques pérennes, qui, lorsqu’elle se produit, survient des années plus tard. C’est par exemple le cas avec la vidéo en ligne : le marché a détecté le développement des usages dès 2005 – et des acteurs comme Dailymotion et Youtube ont participé à cet essor avec des technologies permettant un accès vidéo de bonne qualité en un clic -, mais son modèle économique se met en place seulement maintenant.
Quelles raisons expliquent cette situation ? Un manque de vision des acteurs ? Des fonds insuffisants ?
Non, pas en premier lieu. Le secteur du numérique se caractérise par l’apparition régulière d’acteurs qui proposent de nouveaux services sans se préoccuper de la création de la valeur, ce qui fausse le rapport à la réalité d’une entreprise : des plates-formes comme Twitter ou SnapChat créent des usages sans créer une valeur économique qui soit du même niveau pour le marché.