Banque publique d’investissement (Bpifrance), label French Tech, Crédit d’impôt recherche… L’écosystème français propose de multiples soutiens aux start-up. Avec succès : l’Hexagone a occupé de 2011 à 2013 le premier rang du palmarès Deloitte, qui recense les 500 start-up à la plus forte croissance, comptant même 90 représentants sur 500 dans son classement en 2013. Pour accompagner les entrepreneurs et les aider à lever leurs premiers fonds, de nombreuses structures ont vu le jour, essentiellement à Paris, comme NUMA, TheFamily, 50 Partners, L’Accélérateur ou encore le Lyonnais Axeleo, spécialisé dans les start-up BtoB. Toutes ont adopté ou s’inspirent du modèle de l’accélérateur, né aux Etats-Unis au milieu des années 2000. “Il répond bien au besoin des investisseurs d’identifier les projets les plus prometteurs, et à celui des start-up de trouver des fonds d’amorçage”, explique Romain Amblard, directeur de l’accélérateur du NUMA.
« L’accélérateur répond au besoin des investisseurs d’identifier des projets, et à celui des start-up de trouver leurs premiers fonds.” Romain Amblard NUMA »
L’exemple américain
Son représentant le plus célèbre, Y Combinator, a vu le jour en 2005 dans le Massachusetts, à l’initiative de Paul Graham, et a déjà favorisé l’éclosion de centaines de projets dans l’économie numérique, dont AirBnB, Dropbox, Scribd, Twitch, Pinterest ou Reddit. Près d’une dizaine sont même devenus des “licornes”, ces start-up valorisées plus d’un milliard de dollars. Si bien qu’aux Etats-Unis, Y Combinator a inspiré David Cohen, qui a fondé TechStars en 2006, et Dave McClure, qui a créé 500 Startup en 2010. Le principe de l’accélérateur est simple : au terme d’un processus de sélection souvent drastique (Y Combinator ne retient par exemple que 2,5 % à 3,5 % des dossiers qui lui sont soumis), TechStars 1 %), les équipes retenues (d’une poignée à quelques dizaines par promotion) bénéficient généralement d’un financement d’amorçage : 120 000 dollars chez Y Combinator, 118 000 chez TechStars, et de services (coaching, hébergement, mise en réseau, recherche de fonds…) en échange d’une part de leur capital : 5 à 10 % en moyenne. S’ensuit un programme intensif de trois à six mois pour développer projets et produits, et rencontrer des mentors ;les CEO de Foursquare et tumblr chez TechStars, par exemple. Le programme se conclut généralement par une journée de démonstration, ou “demo day”, pendant laquelle les créateurs “pitchent” leur projet à des business angels et des fonds d’investissement. En France, Sequoia Capital, Jaïna Capital, Partech ou encore Isaï sont fréquemment conviés par les différentes structures. A l’issue de leur accélération chez TechStars, les start-up lèvent par exemple 1,1 million de dollars en moyenne.
La traduction française
Les structures françaises ne cochent pas toujours toutes les cases de l’accélérateur classique (voir plus loin les exemples en France) et sont plus récentes : le pionnier, NUMA, a ouvert son premier programme en janvier 2011. Si bien que les participations dans les start-up qu’ils accompagnent, et donc les plus-values espérées à la revente, ne suffisent pas encore à financer leur fonctionnement.