Le « robot-journalisme », est le terme utilisé pour désigner la production automatisée ou semi automatisée de contenus journalistiques, grâce des algorithmes permettant de transformer directement des données brutes en texte. Souvent abordées sous l’angle des répercussions potentielles pour l’emploi dans le domaine du journalisme, ces solutions sont au contraire présentées par leurs créateurs comme des outils censés donner plus de valeur au travail journalistique.
Quelles sont les start-up positionnées sur ce secteur et comment fonctionnent leurs outils ? Comment sont-ils utilisés par les rédactions ? Quels sont les résultats obtenus et ceux envisagés ? Après avoir présenté les différents outils et projets, Satellinet dresse un premier bilan des initiatives mises en place et évoque les perspectives offertes pour les médias.
Pour les éditeurs, ces outils représentent une opportunité d’augmenter la production éditoriale tout en limitant ses coûts. « Le but est de sous-traiter les tâches les plus rébarbatives à des machines afin d’enrichir le travail des rédactions. Il ne faut pas aborder ces outils comme des éléments qui vont remplacer le journaliste. Le journaliste doit donner du sens, par exemple trouver ce qui n’est pas divulgué dans un rapport financier, ce qu’un algorithme n’est pas capable de faire », estime Eric Scherer, directeur de la prospective directeur de la prospective, de la stratégie numérique et des relations internationales liées aux nouveaux médias à France Télévisions.
Lancés depuis 2012 aux Etats-Unis, les premiers projets sont opérationnels depuis quelques mois. Ils reposent sur des partenariats avec des sociétés spécialisées dans la R&D et dans le traitement automatique du langage (TAL), discipline au croisement de la linguistique, de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Ces dernières fournissent aux éditeurs des plateformes technologiques permettant de générer des textes de façon automatique, dans une démarche BtoB.
» L’objectif est de sous-traiter les tâches les plus rébarbatives à des machines afin d’enrichir le travail des rédactions » Eric Scherer (France Télévisions)
LES EXPÉRIENCES AMÉRICAINES DANS LA GÉNÉRATION D’ARTICLES
Fondée en 2007 par Robbie Allen, la société américaine Automated Insights, fait souvent figure de pionnier dans la production de contenus automatisée. Basée à Durham (Etats-Unis), la société a levé, depuis sa création, 10,8 millions de dollars (8,7 millions d’euros) auprès de divers fonds d’investissement (IDEA Fund Partners, OCA Ventures, Court Square Ventures, Samsung Ventures, Osage Ventures Partners, Valahlla Partners, Box Group), d’investisseurs privés, mais aussi de l’agence de presse américaine Associated Press (AP), en 2014.
La société compte 35 collaborateurs, répartis entre commerciaux, experts en technologies, et linguistes. Automated Insights compte parmi ses principaux clients Yahoo!, Associated Press (AP), La NFL (la fédération nationale de football américain), Samsung, et Edmunds.com (site dédié à l’automobile).