Contexte
Depuis 20 ans, les plateformes se sont progressivement insérées dans la relation entre les médias et leurs lecteurs, au point de devenir incontournables. Google et Facebook, auxquels se sont ajoutés ensuite Twitter/X, Instagram, Snap, etc., leur ont apporté des dizaines ou des centaines de millions de visites chaque mois sur leurs supports numériques. Les éditeurs médias ont longtemps espéré que ces audiences en ligne se traduisent en revenus publicitaires suffisamment importants pour financer leur transition numérique et rééquilibrer leurs modèles économiques affectés par le déclin du papier. Cela ne s’est pas produit. Les éditeurs médias ont durci leur position, passé les années 2010, pour fustiger la captation de leurs contenus et de la valeur publicitaire associée.
En 2013, la mise en place imposée à Google, avec l’aide du pouvoir politique, du Fonds pour l’innovation dans la presse (“fonds Google”), a été une première entaille dans leurs relations ; puis le vote de la loi sur les droits voisins en 2019 a marqué un vrai désaccord, et même une rupture avec certaines plateformes.