Alors que 71 % des internautes ont regardé une video courte de moins de 5 minutes au cours du mois precedent (étude Yahoo, lire également en p.8), les sites de médias ont pris en compte cet engouement et nourrissent de plus en plus leurs contenus de vidéos réalisées en interne ou rachetées à des partenaires extérieurs. Le partenaire auquel les sites médias en France ont recours en majorité est l’AFP, à travers son offre vidéo : en 2011 l’agence a fourni à ses clients 150 à 200 vidéos par jour en sept langues, soit deux fois plus qu’en 2010. « Le site du nouvel Observateur met en ligne environ 100 vidéos par semaine sur son compte “Official user” chez Dailymotion, dont 30 à 40 % proviennent de l’AFP », précise à Satellinet Aurélien Viers, rédacteur en chef du site nouvelobs.com. Lefigaro.fr met en ligne 10 à 12 vidéos par jour via sa plate-forme Video Cloud de Brightcove. En comparaison, Bfmtv.fr, qui bénéficie des contenus de sa chaîne de télévision, publie une cinquantaine de videos par jour. Cependant, même pour un site de presse, le volume de contenus vidéo et leur gestion sont devenus un véritable enjeu. « En un an et demi nous avons mis en ligne quelque 5 000 vidéos sur notre plate-forme. Nous ne sommes pas dans les mêmes volumétries que s’il s’agissait d’articles, mais si je devais quitter demain notre prestataire Brightcove pour aller chez un autre acteur, ce serait problématique », déclare ainsi à Satellinet Benjamin Turquier, responsable du pôle vidéo de LExpress.fr. Pour gérer ces volumes, les sites de presse en ligne se sont progressivement tournés vers les OVP, online video platforms, des plates-formes propriétaires qui assurent à la fois l’encodage, le stockage et la diffusion multi-canal des vidéos, mais aussi la gestion des contributions visiteurs, le suivi statistique de la consommation et la monétisation de ces contenus. « Nous sommes sur un marché avec une très forte concurrence, qui se professionnalise de plus en plus. De 2005 à 2010, nous arrivions à séduire des éditeurs rien qu’en présentant notre technologie. Aujourd’hui, les choses sont plus :sérieuses, il y a de vrais appels d’offres, les éditeurs mettent au point des cahiers des charges précis », indique à Satellinet Hervé Browne, précédemment directeur commercial et business development chez Kewego et désormais vice-président Sales Europe centrale de KIT Digital. Disponibles à travers un backoffice en ligne ou une API, ces différentes OVP sont parfois utilisées de manière complémentaires des offres gratuites de YouTube ou Dailymotion, lorsque les droits le permettent. Les vidéos musicales du Figaro sont ainsi diffusées sur sa page YouTube. « C’est plus simple car c’est YouTube qui gère les droits Sacem », précise à Satellinet Bertrand Gié, directeur des nouveaux médias du Figaro.
Vidéo en ligne : pourquoi la presse en ligne a recours aux online video platforms
Avec 131 vidéos vues en moyenne chaque mois par les 38 millions d’internautes français consommant ce type de contenus chaque mois, et un temps passé moyen de 12,8 heures (comScore), la video est devenue un format incontournable en ligne. Plus facilement commercialisable auprès des annonceurs traditionnels habitués aux spots vidéos vendus en télévision, la vidéo avait de quoi séduire la presse en ligne à la recherche d’inventaires publicitaires valorisables. En un an le volume disponible a presque doublé avec une capacité de 1,3 milliard de spots vidéos in-stream premium décomptés en juin 2011 contre la moitié à la même période en 2010 (Aegis Media Solutions). Pour gérer la diffusion, la mesure et la monétisation de ces contenus vidéos, les médias ont désormais recours à des OVP, ou online video platform. Satellinet détaille dans ce dossier les différentes solutions utilisées par les médias français et leur positionnement.
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Lundi 20 février 2012
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