Microsoft est-il en réalité l’acteur de contrôle d’OpenAI, au point que les deux sociétés ne forment qu’un seul et même ensemble au sens de la loi britannique, au risque d’une diminution substantielle de la concurrence ? L’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) s’est saisie de la question en décembre 2023, après le renvoi et la réintégration de Sam Altman en tant que PDG d’OpenAI quelques mois plus tôt.
Elle avait annoncé, le 5 mars dernier, la fin de son enquête préliminaire sur cette question, concluant que malgré l’investissement de plusieurs milliards de dollars de Microsoft dans OpenAI, l’utilisation exclusive de certains de ses produits d’IA, et l’évolution de son conseil d’administration fin 2023, l’entreprise demeurait suffisamment autonome.
Elle n’avait alors pas détaillé les motifs de sa décision. C’est chose faite dans sa décision complète publiée mardi 15 avril. La CMA y détaille les constats effectués et met au grand jour les éléments clés du partenariat entre Microsoft et OpenAI. En voici les quatre points essentiels.
1. Nature du partenariat
Microsoft et OpenAI ont établi un partenariat en 2019 qui implique un investissement pluriannuel de plusieurs milliards de dollars et un accord de collaboration en matière de calculs et de recherche en intelligence artificielle (IA). Les termes de ce partenariat ont évolué à mesure que l’investissement de Microsoft dans OpenAI a augmenté et que la portée de leurs collaborations s’est élargie. La relation entre les deux entités est décrite par la CMA comme “complexe” et “en constante évolution”.
2. Investissements de Microsoft et gouvernance
Microsoft est l’investisseur le plus important d’OpenAI.