M6 a discrètement assigné Google devant le Tribunal des activités économiques de Paris (l’ex-tribunal de commerce), et ce à deux reprises, a appris mind Media. Dans chacune de ces procédures, le groupe audiovisuel demande une réparation financière pour des pratiques anticoncurrentielles ayant affecté ses activités numériques pendant plusieurs années.
L’un de ces contentieux, initié il y a 18 mois, en janvier 2024, concerne des préjudices supposés dans l’usage des technologies publicitaires en ligne. M6 s’inscrit ici dans le sillage des contentieux lancés par une dizaine d’autres entreprises médias et publicitaires françaises, que mind Media a révélés en 2024. Avec une première décision rendue en faveur d’Equativ en octobre 2024 (26,5 millions d’euros accordés), et une deuxième écartant l’intérêt à agir de RMC BFM Ads, publiée il y a quelques jours, le 26 mai 2025.
Un premier jugement prévu en 2026
Comme les autres plaignants, M6 s’appuie sur la décision de l’Autorité de la concurrence française de juin 2021, qui a constaté de façon définitive des entorses de Google à la concurrence dans les outils publicitaires dédiés aux éditeurs médias (adservers) et à leurs prestataires de vente publicitaires (SPP). Depuis, les médias et sociétés publicitaires qui s’estiment lésés attaquent le groupe américain, à la fois partenaire et adversaire, devant le Tribunal des activités économiques de Paris en demandant des dommages et intérêts.
Selon deux sources au fait des différents litiges en cours, M6 a demandé ici plus ou moins 25 millions d’euros. Sur ce dossier, la décision du tribunal sera rendue en 2026. Interrogé par mind Media, Google maintient la ligne qui est la sienne ces dernières années : “Nos outils publicitaires, ainsi que ceux de nos nombreux concurrents, aident des millions de sites web et d’applications à financer leur contenu et permettent aux entreprises de toutes tailles d’atteindre efficacement de nouveaux clients.