Des stratégies différentes
La table ronde dédiée aux usages de l’IA dans les rédactions, qui a réuni mercredi 15 octobre Julien Cadot (Humanoid), Édouard Guihaire (AFP) et David Dieudonné (Ouest-France) lors de la conférence mind Media Day, a mis en exergue des convergences et des différences en matière d’IA. D’abord en matière de stratégies et de gouvernance.
D’un côté, une approche structurée et descendante. Ouest-France a ainsi opté pour une approche proactive, participative, mais prudente et très encadrée sur le pilotage. « Nous utilisons l’IA depuis longtemps, mais nous voulons aller plus loin, avec prudence. Nous souhaitons utiliser le patrimoine éditorial de Ouest-France tout en le préservant », a notamment indiqué David Dieudonné, chef de projet intelligence artificielle de Ouest-France.
Le journal a organisé le déploiement de l’IA en trois temps : mise à disposition d’outils, encouragement de la participation des journalistes et remontée d’idées, puis sélection des propositions par un comité dédié avant le lancement de POC. Les journalistes sont donc invités à exprimer des idées, des envies, mais un comité hiérarchique veille à la cohérence globale et est chargé de retenir et d’accompagner les projets retenus. L’éthique et la déontologie sont intégrées au plus haut niveau hiérarchique, auxquels s’ajoute un dialogue permanent avec les partenaires sociaux.
L’approche est comparable du côté de l’AFP, avec un usage de l’IA générative plus encadré encore, et plus verticalisé, avec une philosophie claire : « Au sein de l’agence, l’IA est un assistant, pas un remplaçant », a souligné Édouard Guihaire, adjoint au rédacteur en chef technique.