Les 62 millions d’euros cumulés accordés aux groupes Rossel (20 millions initialement, auxquels se sont ajoutés 2,4 millions le 15 juin), L’Équipe (17 millions) et M6 (23 millions) entre décembre et mars derniers par le Tribunal des activités économiques de Paris, qui s’ajoutent aux 26 millions d’euros prononcés en octobre 2024 en faveur de la SSP Equativ, ont suscité l’intérêt de nombreux autres éditeurs médias français.
Au moins 19 nouveaux groupes ont ainsi assigné Google devant le tribunal entre le mois de mai et le 6 juin, a appris mind Media après un dernier décompte le 8 juillet. Il s’agit des groupes France Télévisions, TF1, Radio France, NRJ, Webedia, Orange, Libération, CMI France, So Press (So Foot…), Cerise, filiale de Prisma Media qui édite Gentside et OhMyMag, ainsi que Les Nouvelles Éditions de l’Université, qui édite Le Petit Fûté, les groupes L’Express, Ebra, La Dépêche du Midi, Centre France, Nice-Matin, Sud-Ouest, NRJ, et le groupe de presse spécialisée Uni-Medias (Parents, Santé Magazine, Régal…).
Tous s’appuient sur la décision de l’Autorité de la concurrence de 2021 qui a reconnu Google coupable de pratiques anticoncurrentielles dans les technologies publicitaires au détriment des éditeurs médias. La société publicitaire belge Proxistore fait également partie des nouveaux plaignants en France ; elle possède une activité de SSP qui est aussi visée par la décision et agit pour ses activités sur les territoires français et belge. Elle est représentée par le cabinet d’avocats Gide.
Une poignée d’autres organisations ont également agi avant la date de prescription la plus couramment admise dans le cercle juridique sur cette affaire, échue au 6 juin 2026. Soit 5 ans après la publication (et la prise de connaissance par le marché) de la décision de l’Autorité de la concurrence (7 juin 2021). À noter qu’une conception plus souple de la date de prescription l’arrête au 7 juillet ou peu après, soulignent deux avocats auprès de mind Media : puisqu’il n’y a pas eu de recours de Google, la décision est devenue définitive à l’expiration du délai d’appel, soit un mois après la notification de la décision aux parties.