Le 13 octobre, Microsoft a reçu le feu vert de l’autorité de la concurrence britannique, la CMA, pour le rachat d’Activision Blizzard King (ABK). Une opération à 75 milliards de dollars – la plus importante depuis LinkedIn et la plus grosse de l’histoire de Microsoft – qui fait de la nouvelle entité le numéro trois mondial du jeu vidéo, derrière Sony et le numéro un chinois Tencent.
D’ores et déjà, le groupe table sur une croissance de son activité contenus et services Xbox de l’ordre de 50 % au prochain trimestre, a précisé la directrice financière de Microsoft, Amy Hood, lors de la présentation des résultats de l’entreprise le 24 octobre.
La croissance de cette ligne, sur le trimestre de juillet à septembre, s’est élevée à 13 %. Mais l’autre segment à guetter, à plus long terme, pourrait bien être celui de l’activité publicitaire.
En effet, si avec Activision Blizzard, Microsoft met la main sur des titres tels que Call of Duty, Diablo, Overwatch et World of Warcraft, il ne faut pas oublier que l’éditeur de jeux mobiles King fait également partie du lot. Son célèbre jeu Candy Crush a dépassé 20 milliards de dollars de revenus cumulés en 11 ans. Microsoft, qui n’est pas présent dans le mobile contrairement à ses rivaux Apple et Google, va ainsi pouvoir mettre un pied dans l’énorme marché de la publicité dans les jeux mobiles. Celui-ci représenterait 70 % du marché publicitaire mobile hors réseaux sociaux, selon Data.ai. Aux Etats-Unis, Insider Intelligence l’estime à 6,7 milliards de dollars en 2023 (+ 12 %).
King, porte d’entrée dans la publicité sur mobile
Il se trouve justement que Microsoft – qui comme Activision Blizzard n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations – a l’intention de faire passer ses revenus publicitaires dans les jeux vidéo de 100 millions de dollars en 2022 à 1,4 milliard de dollars en 2030, et son chiffre d’affaires issu des micro-transactions mobiles, aujourd’hui inexistant, à 2,6 milliards de dollars. C’est ce qu’a révélé une présentation confidentielle datant de mai 2022, rendue publique par erreur en septembre par le tribunal américain qui officiait dans l’affaire opposant en juillet Microsoft à la FTC. Ce document ne mentionne pas le rachat d’ABK, mais on peut supposer qu’il en tenait compte.