Les points-clés
- Une partie des solutions techniques sont associées à des technologies de blocage des crawlers IA, pour recréer la rareté nécessaire à la monétisation.
- Les solutions pay per crawl et plus largement de paiement des contenus à l’usage dans les assistants IA et les moteurs de recherche assistés par l’IA sont les plus en vogue.
- Face à l’obsolescence des fichiers robots.txt, le marché exige de nouveaux protocoles d’opt-out. Plusieurs initiatives visent à établir des standards industriels. Parallèlement, des initiatives institutionnelles sont en cours en Europe.
Jusqu’à présent, les LLM ont crawlé et aspiré le contenu des médias sans vergogne, et sans rémunération pour la plupart, quel que soit leur objectif final : entraînement des modèles, ou recherche en temps réel. La première réponse, pour pallier cette absence de rétribution, a été les accords de licence : un modèle accessible aux plus gros éditeurs seulement, et plus adapté à une situation d’entraînement que de search. D’ailleurs, dans une deuxième phase, on voit déjà apparaître des projets d’accords de licence intégrant la notion d’usage des contenus, comme le rapporte Bloomberg qui a eu accès à des informations sur les accords en cours de négociation entre Reddit, Google et OpenAI.
Depuis, une nouvelle catégorie d’intermédiaires techniques est apparue entre les développeurs d’IA génératives et les éditeurs d’information, axée sur la monétisation de leurs contenus dans le cadre de leur usage pour l’IA. Ces entreprises, acteurs déjà bien installés sur d’autres activités ou jeunes start-up, sont confrontées à de multiples défis. Leurs solutions ne peuvent pas s’imposer sans passer directement à l’échelle, et les fournisseurs d’IA générative ont plutôt, a priori, intérêt à passer des accords individuels qu’à soutenir un standard à l’échelle de l’industrie. Ils vont cependant, sans doute, y être poussés, car ces derniers sont soumis à une pression de plus en plus forte, par le biais de projets de régulation et d’actions en justice. Le caractère disruptif de l’AI search, qui change la façon dont le contenu est consommé et découvert par les internautes, pose également des questions de concurrence et de pouvoir de marché qui dépassent le simple cadre de l’application du droit d’auteur et des droits voisins.
Il nous a donc semblé intéressant de faire un tour d’horizon de quelques-unes des solutions techniques imaginées pour protéger et monétiser les contenus des éditeurs, même si, à l’heure actuelle, la plupart sont encore à l’état embryonnaire. En effet, comme le souligne un rapport du Pôle d’expertise de la régulation numérique (PEReN) publié en juillet 2025, « les mois et années à venir pourraient s’avérer déterminants dans l’élaboration de modèles de valorisation des données utilisées par les systèmes d’IA. En attendant, il est important que certaines bonnes pratiques avec les technologies existantes se généralisent aussi bien du côté des éditeurs que des moissonneurs de données pour prévenir les restrictions d’accès généralisées aux contenus sur Internet.