Avec le développement de l’IA générative, de nombreux acteurs des médias expriment des inquiétudes concernant le respect du droit d’auteur, les impacts sur la qualité de l’information et le rôle des journalistes. “Ce sont des préoccupations légitimes auxquelles nous devons répondre, observe Martin Schori, rédacteur en chef d’Aftonbladet. Mais notre réaction instinctive a été la suivante : voici une nouvelle technologie, comment pouvons-nous l’utiliser dans l’intérêt d’Aftonbladet et de son audience ?”
Ces dernières années, des groupes de travail transversaux autour de l’IA ont vu le jour au niveau du groupe mais aussi, plus récemment, au sein des différentes rédactions de Schibsted. Le but : encourager l’innovation dans l’ensemble de l’organisation et réfléchir au développement de nouveaux outils. Ces groupes ont permis l’élaboration de plusieurs solutions, comme un générateur de résumés d’articles intégré au CMS, des “copilotes” éditoriaux qui visent à simplifier la correction et l’édition des articles, ou encore des “assistants jeunesse” qui accompagnent les jeunes audiences dans le décryptage de l’actualité.
Des outils pour optimiser le travail des journalistes
Un développeur de VG, un des principaux titres norvégiens du groupe, a conçu une solution de transcription automatique de fichiers audios et vidéos, appelée Jojo, qui exécute localement le modèle Whisper d’OpenAI. Lancée en janvier 2023, l’application web, qui permet aux journalistes de transformer fichiers sonores et vidéos en textes, leur aurait permis d’économiser 13 433 heures de travail. Les médias du groupe utilisent également un outil de traduction norvégien-suédois et suédois-norvégien de ChatGPT directement intégré dans le CMS.