Moins médiatisés que les projets à vocation nationale comme Newsrings, The Huffington Post ou Quoi. info, de nouveaux sites d’information apparaissent au niveau local ces derniers mois. Deux modèles se distinguent. D’abord les pure players, créés par de nouveaux éditeurs de presse indépendants, qui nécessitent un investissement relativement modeste, de 40 000 à 100 000 euros, car ils font l’économie de l’impression et de la diffusion. Fondé à l’automne 2009, Dijonscope, pure player local gratuit situé en Côte d’Or, (qui passera bientôt en payant) fait, à cet égard figure d’exemple à suivre en France. Dans son sillage se développent aujourd’hui plusieurs projets similaires : Grand-Rouen.com et Carredinfo. fr, notamment, qui n’hésitent pas à prendre Dijonscope pour modèle. Ces pure players ont en commun de traiter essentiellement des sujets politiques, de société et de culture, voire de sport. Plus facilement déclinables au niveau local, ces thématiques sont également moins coûteuses en temps et en argent que le suivi des faits-divers. Pour des raisons également économiques, la production de vidéos est également écartée, tout comme le mobile. La deuxième forme de média d’information locale qui se développe est le bimédia. C’est le modèle choisi par certains titres de presse quotidienne régionale, qui mettent alors en place une rédaction dédiée et des moyens autonomes, sans passerelles éditoriales avec le groupe. Grâce à des ressources financières plus importantes que les pure players, ces groupes créent des rédactions bimédias alimentant de nouvelles publications print hebdomadaires et des sites web dédiés. La PQR expérimente ainsi des outils pour palier l’érosion de son lectorat et de ses recettes publicitaires. En 2010, selon l’Irep (Institut de recherches et d’études publicitaires), celles-ci ont diminué de 2,2 % à 962 millions d’euros, tandis que les recettes publicitaires générées par la presse d’information gratuite ont crû de 6 % pour atteindre 124 millions d’euros). L’objectif, tant pour les pure players que pour les bimédias, est donc de pénétrer le marché de la publicité locale – particulièrement sur la cible jeune. Sur le marché local, les investissements nets des annonceurs représentaient en 2010, selon l’Union des annonceurs (UDA), un total de 1,7 milliard d’euros investis dans la presse et 220 millions d’euros sur internet.
DIJONSCOPE, LA REFERENCE
La majorité des nouveaux modèles s’appuient sur la gratuité totale des contenus et sont financés par la publicité. C’était le cas de Dijonscope, créé en septembre 2009 à Dijon (Côte d’Or), avant que le site n’annonce un passage au payant à compter du 1er décembre prochain.