Les réseaux sociaux culturels, qui proposent aux internautes de donner leur avis sur des oeuvres pour constituer des catalogues personnels et des mises en relation affinitaires, se sont souvent construits dans le sillage de Facebook au milieu des années 2000. D’abord aux états-Unis, avec notamment le site littéraire Goodreads (270 millions de fiches d’oeuvres revendiquées et 6,2 millions d’inscrits), avant que des projets ne se développent en France. Le premier, Babelio, site communautaire dédié aux livres, a vu le jour en 2007, bientôt suivi de Ulike, Senscritique et plus récemment encore Vodkaster. « Les réseaux sociaux axés sur des thèmes culturels répondent à une demande : ’’Comment et où partager nos avis sur une oeuvre ?’’ Les moyens traditionnels – réseaux sociaux généralistes, blogs, sites 1.0 comme Evene ou Allociné, les commentaires au sein des sites de e-commerce… – ne suffisent pas ou ne sont pas adaptés », estime Guillaume Boutin, cofondateur de Senscritique.com, réseau social culturel plurithématique. Le secteur tente donc d’appliquer les mécanismes de recommandation sociale à des oeuvres cultuelles. Sur Vodkaster, cela s’exprime par la possibilité de demander à ses amis un avis sur un film et de les hiérarchiser par un critère de compatibilité, « car même sur un réseau social, tous les avis de ses amis ne se valent pas », affirme Cyril Barthet, fondateur et directeur général de ce réseau qui permet notamment de diffuser des « micro-critiques » de film en 140 caractères. Le secteur est en forte croissance mais la monétisation de ces sites restent à construire. Difficilement quantifiable, le marché qui regroupe les réseaux sociaux culturels basés sur la recommandation sociale représenterait, selon certains de ses acteurs, entre 10 et 20 millions d’euros en France « Les acteurs les plus importants sur le secteur ont eu la chance de se positionner très tôt sur le marché. Aujourd’hui, ce serait plus difficile pour des réseaux sociaux culturels généralistes, mais des niches porteuses subsistent et il y a de la place pour des sites communautaires culturels très spécialisés », indique à Satellinet Raphaël Labbé, co-fondateur de Ulike.
La difficile monétisation des réseaux sociaux culturels
Depuis quatre ans, les réseaux sociaux culturels, basés sur la constitution participative de catalogues autour du cinéma et des livres et sur les relations affinitaires des internautes, se sont développés en France. Ils répondent à un besoin de recommandation sociale croissante des internautes face au développement de l’offre culturelle. Mais les modèles économiques restent difficiles à trouver et les acteurs doivent souvent se diversifier. Satellinet présente les stratégies de monétisation mises en place par quelques-uns des principaux acteurs du marché : Babelio, Senscritique, Ulike et Vodkaster.
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Lundi 31 octobre 2011
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