Mediapart, l’arbre qui cache la forêt dans la presse en ligne indépendante généraliste ? Le site cofondé par Edwy Plenel en 2008 dépasse ces dernières années les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et est très rentable. Avec 20,8 millions d’euros de bénéfices cumulés entre 2012 et 2022, dont la moitié sur les trois derniers exercices publiés (2020-2022), ses résultats ont de quoi faire envie à de nombreux médias de la « vieille presse ».
Mais derrière Mediapart, peu de réussites sont visibles. Une première génération de pure players créés avant 2010, à portée locale ou nationale, sur un modèle gratuit ou payant, ont périclité : Owni, Rue89, Dijonscope, Télescope d’Amiens, Carré d’info… la poignée qui ont survécu – Mediapart, Arrêt sur Images, Slate.fr – ont été rejoints par une nouvelle vague de projets, essentiellement entre 2010 et 2016 : Streetpress, Médiacités, Briefme, Les Jours, Arrêt sur Images ou Marsactu, et plus récemment des sites comme Le Poulpe, Disclose ou Blast.
Le secteur est foisonnant : le Spiil, le syndicat des médias en ligne indépendants, revendique aujourd’hui 270 éditeurs adhérents – dont Frontline Media, société éditrice de mind Media. Certains sont tournés vers les professionnels, avec une économie très particulière (Contexte, Indigo Publications, Satellifacts…), mais l’essentiel d’entre eux sont grand public : beaucoup de ceux-là connaissent des difficultés dans leur développement, malgré des positionnements très identifiés des offres éditoriales originales, parfois huit à douze ans après leur création.
Des économies très fragiles
L’ensemble des structures éprouvent des difficultés à trouver des modèles pérennes, à dégager des bénéfices et à réinvestir. Même quand l’activité est en croissance. C’est le cas de Briefme. Le groupe fondé en 2015, composé de 15 personnes et dirigé par Laurent Mauriac et Edmond Espanel, propose des synthèses et le décryptage des principales informations sous forme de newsletters quotidiennes. La société voit ses abonnés à son offre principale, généraliste, baptisée Briefme (69 euros par an), plafonner autour de 12 000 abonnés depuis 2021 (12 300 fin 2023).