L’intelligence artificielle au secours de la productivité des entreprises médias ? C’est la question qui agite les éditeurs ces dernières semaines.
Si différents dispositifs algorithmiques et des outils d’intelligence artificielle plus ou moins avancés sont déjà utilisés pour l’optimisation publicitaire et la gestion des bases de données dans l’industrie média, voire pour améliorer ou personnaliser l’expérience utilisateur sur des interfaces, leur usage pour la production de contenus éditoriaux est jusque-là timide et expérimentale, ou constitue une innovation de plus, sans remise en cause des modèles, des organisations ou de l’économie des médias.
L’apport de la technologie dans la production d’informations a d’abord été visible par l’utilisation du « robot-journalisme » pour rédiger et publier des contenus standardisés à partir de modèles préétablis. Différentes start-up se sont positionnées sur ce type d’approche, comme l’entreprise française Syllabs, qui travaille sur des dispositifs éditoriaux événementiels depuis une demi-douzaine d’années avec des médias comme Le Monde, Ouest-France, Radio France et avec l’agence AFP.
Des acteurs proposent aussi des outils de transformation d’un contenu en un autre format. Le text-to-video est ainsi utilisé depuis plusieurs années par différents médias : il permet la génération automatique de vidéos en ligne construites à partir de l’analyse sémantique d’un article. Les vidéos sont réalisées automatiquement à partir de catalogues d’images et de vidéos de partenaires. Wibbitz propose cette solution aux médias depuis une dizaine d’années. Le text-to-speech, la lecture audio automatisée d’un article, est également déployée ces deux dernières années sur de plus en plus de médias.