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Bientôt une affaire judiciaire supplémentaire contre Google. Au moins 19 groupes et entreprises médias issus de plusieurs pays européens vont participer à une action collective (class action) contre Google aux Pays-Bas, à Amsterdam, dont sept sont des éditeurs français, a appris mind Media de plusieurs sources concordantes. La procédure, très avancée, sera officiellement enclenchée ces prochains mois, le temps d’achever les dernières expertises juridiques et économiques.
Tous ont donné un mandat de représentation au cabinet d’avocats Geradin Partners, qui conduit la procédure. Contacté par mind Media, celui-ci confirme l’initiative et la présence de plusieurs médias français parmi les 19 plaignants, mais ne dévoile pas leur identité. Selon nos informations, les sept groupes médias français sont Le Télégramme, Lagardère, Le Point, Marie Claire, Beaux-Arts Magazine, Studyrama et Condé Nast. La majorité d’entre eux nous ont confirmé leur participation, tout en préférant ne pas communiquer officiellement. Ils agissent aux côtés de douze autres groupes médias issus d’autres pays, notamment de Suède, Finlande et Autriche.
Le rôle clé de la sanction de l’Autorité de la concurrence française
Les plaignants se prévalent de la décision de juin 2021 de l’Autorité de la concurrence française constatant les pratiques anticoncurrentielles de Google sur le marché des technologies publicitaires de SSP et d’adserving pour les éditeurs d’information. La décision n’a pas été contestée par Google et sa sanction (220 millions d’euros d’amende) a fait l’objet d’une transaction.
Les décisions de l’autorité française sont théoriquement exploitables dans d’autres juridictions européennes, et ont déjà été reconnues comme telles par le Tribunal commercial d’Amsterdam. La décision française est confortée par l’enquête de la Commission européenne ouverte en juin 2021, finalisée depuis plusieurs mois, et dont la décision est attendue ces prochaines semaines ou mois, en fonction des relations géopolitiques et commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis.
Fondé par Damien Geradin et composé de quelques dizaines d’avocats, Geradin Partners est spécialisé en contentieux antitrust et habitué aux class actions. Le cabinet possède cinq bureaux, à Bruxelles, Londres, Amsterdam, et Helsinki et Paris depuis 2024. La structure défend déjà les intérêts d’entreprises de l’adtech en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suisse.
Elle assiste également certains d’entre eux dans les enquêtes en cours contre Google auprès de la Commission européenne, du ministère américain de la justice et de l’autorité canadienne de la concurrence. “Comme nous sommes impliqués dans des affaires similaires dans différentes juridictions, nous sommes en mesure d’anticiper et de répondre de manière optimale aux arguments de Google et de bénéficier d’une vision beaucoup plus large de l’économie de l’affaire et de la quantification”, affirment auprès de mind Media Stijn Hujits et Marc Barennes, avocats associés chez Geradin Partners.