Avec l’IA générative, vous redoutez que les médias ne se retrouvent dans une situation similaire à celle qui les a opposés aux réseaux sociaux et aux moteurs de recherche au sujet des droits voisins. Quel est le problème avec les droits voisins ?
Avant le bras de fer en Europe sur les droits voisins, il y avait eu l’affaire des éditeurs d’informations en Espagne et en Allemagne, menacés voire effectivement sortis de Google News suite à la mise en place de lois nationales visant à obliger Google à payer pour l’accès à l’information. A partir de là, il est apparu que la seule façon de régler le problème de la rémunération des journaux était la mise en place de « droits voisins ». Un règlement européen a permis de modifier le rapport de force eu égard à l’importance du marché européen. Mais la question est ensuite : quelle rémunération, et comment la calcule-t-on ?
La presse avançait que les internautes venaient sur les moteurs de recherche et sur les réseaux sociaux pour l’information. Le sujet ne concerne pas que l’Europe. On a observé cette demande partout, aux États-Unis comme ailleurs. Les Australiens ont été les premiers à voter une loi et plus récemment les Canadiens. Partout, on a assisté à un concours Lépine d’évaluations qui ne reposaient sur rien d’opposable. Et partout les négociations ont été difficiles. En France, au début, Google, qui était malgré tout le seul à accepter de discuter, traînait des pieds. Cela a donné lieu à une amende de 500 millions d’euros de l’Autorité de la concurrence, qui a également demandé à Google davantage de transparence. Mais la métrique, de toute façon, ce sont les acteurs du numérique qui la donnent. Ce sont eux qui disent combien vaut un clic.