Vous avez été directeur général adjoint du Groupe Figaro pendant de nombreuses années, en étant également président de sa régie et responsable du numérique. Quel bilan faites-vous de ces responsabilités ?
J’y suis resté effectivement 100 mois, soit huit ans. J’étais venu au Figaro en 2005 en provenance d’Omnicom Media Group, juste après le rachat du groupe Socpresse par le groupe Dassault. Je devais diriger la régie du Figaro (baptisée alors Publiprint, ndlr) qui devait être fusionnée avec la régie de L’Express. Mais L’Express a été vendu trois mois plus tard au groupe Roularta. Francis Morel, qui était le patron du Groupe Figaro, m’a alors confié la responsabilité du numérique. In fine, j’ai eu beaucoup de chance. Nous avons ensuite développé nos annonces classées en ligne, avec la création de AdenClassifieds (Cadremploi, Keljob, Explorimmo) – devenu FigaroClassifieds – introduit en bourse puis sorti pour gagner en synergies avec le groupe. Nous avons également développé notre offre news avec LeFigaro.fr et ses suppléments, mis en place une politique de diversification numérique, avec des acquisitions tactiques comme Sport24, Evene, La Chaîne Météo, CadreOnline, Ticketac… Mais la clef a été la rédaction bi-média, mi 2011.
Pourquoi avoir quitté le groupe en 2013 ?
Nous formions une direction unie et efficace à la tête du groupe avec Francis Morel et Nicolas Beytout, puis Etienne Mougeotte. Le départ de Francis, début 2011, a marqué une rupture. L’heure était sans doute venue pour une nouvelle équipe. C’est le cycle des grands groupes (Marc Feuillée a succédé à Francis Morel comme directeur général du groupe Figaro en janvier 2011, ndlr). Mais cela n’enlève rien aux très bonnes années passées et à tous les projets menés ensemble : c’est une chance professionnelle incroyable pour moi d’avoir pu travailler dans ce groupe pendant près de huit ans, avec une introduction en bourse, des acquisitions, en ayant participé avec le management et l’actionnaire à la mutation digitale du groupe, qui est l’une des plus avancées aujourd’hui parmi les médias « dits » traditionnels.